Le « harcèlement des poils de jambes » devient viral au Japon
Face à des étés de plus en plus chauds, Tokyo a récemment autorisé le port de shorts au bureau, remplaçant ainsi le traditionnel costume-cravate. Cette évolution vestimentaire, soutenue par le gouvernement métropolitain, suscite des débats intenses parmi la population japonaise, donnant naissance à un nouveau phénomène dénommé « sunehara », ou « harcèlement des tibias/jambes ».
Depuis le printemps, le gouvernement encourage les entreprises et les agents publics à opter pour des tenues plus légères afin de réduire la consommation d’énergie. La gouverneure de Tokyo, Yuriko Koike, a relancé la campagne « Tokyo Cool Biz », qui vise à inciter les salariés à abandonner veste et cravate pendant l’été. Cette initiative fait écho à des efforts antérieurs, comme le programme « Super Cool Biz » mis en place après la catastrophe de Fukushima en 2011.
Un changement controversé
Malgré l’intérêt suscité par cette me, un sondage réalisé en juin par Gorilla Clinic révèle que 53,5 % des Japonais restent opposés au port du short au travail, tandis que 46,5 % l’approuvent. Les réticences se concentrent principalement sur l’apparence des jambes. Pour de nombreux répondants, hommes et femmes, la pilosité des jambes est un frein significatif. Certaines femmes évoquent le malaise ressenti face aux jambes poilues de leurs collègues masculins, un phénomène désormais désigné par le terme « sunehara ».
Des témoignages sur les réseaux sociaux illustrent cette préoccupation. Une agente immobilière de 52 ans a déclaré : « Je n’ai aucun problème avec le fait que les hommes abandonnent la cravate ou la veste, mais le short va trop loin. Je l’associe à un jour de congé. »
Conséquences inattendues
Cette sensibilité a des répercussions sur les comportements des hommes, qui se tournent de plus en plus vers des solutions d’épilation, notamment l’épilation laser, non seulement pour des raisons esthétiques, mais aussi pour pouvoir porter un short sans complexe. Un propriétaire de salon de beauté pour hommes a rapporté que les soins des jambes sont devenus les prestations les plus demandées cet été.
Alors que certaines entreprises, notamment dans le secteur technologique, acceptent cette nouvelle mode vestimentaire, d’autres, plus traditionnelles, s’accrochent au costume-cravate. Dans ce contexte, les températures extrêmes, atteignant souvent 40°C, poussent à repenser les normes vestimentaires au travail.
Conclusion
Le débat sur le port du short dans les bureaux japonais met en lumière des enjeux culturels et sociaux profonds, illustrant comment des changements vestimentaires peuvent révéler des tensions autour des normes d’apparence et de confort au travail.
Source : AFP
