Les politiques bientôt bannis des restaurants bruxellois ?
Face à l’accumulation des contraintes qui pèsent sur le secteur de la restauration, le président d’Horeca Brussels appelle le gouvernement fédéral à agir. Sans aide budgétaire, les établissements pourraient envisager des mes drastiques.
Depuis une dizaine d’années, bars, restaurants et hôtels de la capitale font face à une série de crises : économique, terrorisme, pandémie, choc énergétique. Le secteur se retrouve aujourd’hui dans un profond marasme, alors que de nouvelles mes fédérales pourraient encore aggraver la situation, selon un communiqué d’Horeca Brussels.
Matthieu Léonard, président de la fédération bruxelloise, dénonce l’entrée en vigueur de l’obligation du Système de Caisse Enregistreuse (SCE 2.0) au 1er juillet 2026, sans compensation pour le secteur. Ce nouveau dispositif, destiné à lutter contre la fraude fiscale, s’applique à tous les établissements de l’Horeca belge. Bien que la fédération soutienne l’idée de transparence et de traçabilité, elle regrette l’absence de mes pour couvrir le coût de l’équipement, estimé à 1.000 euros par établissement.
Matthieu Léonard souligne qu’à l’instauration du premier système de caisse enregistreuse en 2016, l’État avait mis en place des mes d’accompagnement, comme la réduction de la TVA sur les repas de 21 % à 12 %, ainsi qu’une réduction ONSS pour les travailleurs fixes. Cette fois, il déplore qu’aucune me d’accompagnement ne soit prévue, et que les efforts passés soient effacés.
Depuis le 1er juillet, la réduction ONSS ciblée sur l’Horeca, qui permettait de réduire les cotisations patronales pour jusqu’à cinq travailleurs fixes à temps plein par établissement, a été supprimée. Cela représente une perte de 500 à 800 euros par trimestre pour les cinq premiers temps pleins déclarés, soit une perte annuelle de 10.000 à 16.000 euros.
De plus, la réforme de la TVA, qui a été discutée en février, n’a pas inclus les restaurants, qui continuent de payer un taux de 12 % pour les repas servis en salle, contre 6 % pour le take-away. Les établissements d’hébergement touristique ont subi une augmentation de la TVA, passant de 6 % à 12 %.
Horeca Brussels déplore également l’absence de progrès sur la défiscalisation des pourboires et la réforme de l’aide à l’emploi «Activa», qui bénéficiait principalement aux établissements Horeca. Les nouvelles restrictions sur le bruit, l’augmentation des prix de stationnement, l’interdiction de fumer en terrasse et la hausse du précompte immobilier aggravent la situation.
La fédération appelle à un sursaut politique et à une prise en compte de l’Horeca dans les débats budgétaires à venir. Elle dénonce la passivité des parlementaires et des présidents de partis. Matthieu Léonard insiste sur le paradoxe cruel du secteur : « Il nourrit et abreuve tout le monde, quand lui-même crève de faim. »
Face à cette situation, Horeca Brussels envisage un potentiel boycott politique, se demandant s’il serait nécessaire de fermer leurs portes aux élus. Bien que cela ne soit pas encore un mot d’ordre, cela témoigne du désespoir d’un secteur qui se sent ignoré.
Source : Horeca Brussels
