Énergie solaire : le pari de l’espace

Énergie solaire : le pari de l’espace

L’énergie solaire, malgré ses avantages indéniables, ne représente actuellement qu’environ 5 % de la production mondiale d’électricité. Cette situation résulte en partie des limitations inhérentes à la production d’énergie solaire terrestre, notamment l’intermittence due aux cycles jour-nuit et aux conditions météorologiques.

En 1968, l’ingénieur américain Peter Glaser a proposé une solution novatrice : installer des cellules photovoltaïques sur des satellites en orbite. Cette approche permettrait de capter l’énergie solaire en continu, sans être affectée par les conditions terrestres. L’énergie collectée pourrait être convertie en micro-ondes ou en lasers et transmise à des antennes redresseuses sur Terre pour alimenter les réseaux électriques.

Historiquement, le coût élevé des lancements spatiaux a freiné le développement de cette idée. Cependant, des projets de centrales solaires spatiales (CSS) ont récemment émergé aux États-Unis, en Chine, au Japon et en Europe, marquant un regain d’intérêt pour cette technologie.

Vers l’avenir et au-delà

La NASA, motivée par l’évolution de l’industrie spatiale et les défis du changement climatique, explore activement les CSS. Selon Nikolai Joseph, analyste à la NASA, les conditions ont changé, rendant cette technologie plus viable. La NASA envisage également d’utiliser des CSS pour soutenir le programme Artemis d’exploration lunaire, avec des centrales solaires autour de la Lune pour alimenter les avant-postes habités.

Les CSS pourraient également jouer un rôle crucial dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre sur Terre, en fournissant une source d’énergie constante et durable. Martin Soltau, coprésident de la Space Energy Initiative (SEI), souligne que cette technologie ne nécessiterait pas de réaménagement des réseaux électriques existants.

Essais de haute technologie

De nombreux projets de CSS sont en cours. En Chine, l’université Xidian et l’Académie de technologie spatiale développent le projet Zhuri, qui vise à créer une tour de collecte d’énergie solaire destinée à l’orbite géostationnaire. Parallèlement, l’Agence spatiale européenne a approuvé l’initiative Solaris pour explorer le concept des CSS.

Aux États-Unis, le ministère de la Défense s’intéresse également aux CSS, notamment pour alimenter les opérations militaires. En juin 2023, une équipe de l’institut de technologie de Californie a réussi un test grandeur nature d’une CSS, marquant une avancée significative dans ce domaine.

Flux et reflux

Cependant, des défis subsistent. Paul Jaffe, du laboratoire de recherche navale américain, indique que les objections économiques demeurent. Les essais nécessaires pour prouver la viabilité des CSS nécessiteront des investissements considérables et un soutien politique durable. John Mankins, ancien de la NASA, reste optimiste quant à l’évolution des coûts, tandis qu’Amory Lovins, du Rocky Mountain Institute, souligne que les coûts de lancement demeurent un obstacle majeur.

En conclusion, bien que les CSS présentent un potentiel prometteur, leur développement et leur mise en œuvre nécessitent encore des recherches approfondies et des investissements significatifs.

Source : Pour la Science

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *