Dévouement maternel : quand le cerveau joue un rôle clé après l’accouchement
On ne naît pas mère, on le devient. Cela passe notamment par de subtils mais réels changements au niveau du cerveau. Une nouvelle étude, publiée dans la revue Science Advances, met en lumière une hormone qui joue un rôle crucial dans les interactions gratifiantes entre les jeunes mamans et leurs nouveau-nés.
Des souris non-mères, dévouées aux bébés grâce à cette hormone
Selon le Dr Michael Perkinson, coauteur de l’étude, ce processus chez la souris commence dans une région du cerveau sensible aux hormones, aboutissant au centre de récompense qui libère de la dopamine. Ce mécanisme est activé par la prolactine, une hormone essentielle à la lactation qui augmente considérablement après la naissance. L’étude a démontré que, lorsque cette partie du cerveau était stimulée artificiellement, des souris qui n’avaient jamais eu de petits se comportaient comme de nouvelles mères dévouées. À l’inverse, lorsque cette région était bloquée chez les mères, leur intérêt pour leurs petits ne se manifestait pas.
La prolactine fait pencher la balance
Les recherches montrent que le système de récompense du cerveau se reprogramme après la naissance pour prioriser la progéniture. La prolactine, agissant par ce biais, rend le temps passé avec un nouveau-né gratifiant plutôt que simplement nécessaire. Ainsi, cette hormone ne se limite pas à induire et maintenir la lactation, mais joue également un rôle clé dans le dévouement maternel. La Pr Rosie Brown, première auteure de l’étude, souligne que cela aide les femmes à comprendre les changements de pensée et de ressenti qui accompagnent la maternité.
L’espoir d’en finir avec la stigmatisation
Les chercheurs visent à ne pas diaboliser les mères qui ne ressentent pas ce dévouement instinctif. Ils espèrent que leurs travaux contribueront à développer des approches pour traiter les troubles de l’humeur durant la grossesse et le post-partum. En comprenant la régulation de l’humeur et du comportement chez les mères, il devient possible de cibler les causes des troubles de l’humeur périnataux, offrant ainsi un espoir de réduction de la stigmatisation liée à la difficulté de créer un lien avec le bébé, souvent perçue comme un échec personnel.
Source : Science Advances
