Les Corps dans le taoïsme ancien

Les textes du taoïsme ancien abordent le corps humain non pas de manière abstraite, mais à travers des fictions et des fables qui explorent ses usages, ses ressorts et ses ressources. Par exemple, un ancien condamné, amputé d’un pied en raison de ses crimes, se confronte au Premier ministre après leur cours de méditation, lui enseignant une leçon sur la vertu. Un ermite, avec malice, rejette un aspirant à la sagesse, critiquant les « gueules cassées » engendrées par l’éducation confucéenne. Un seigneur de Wei, réputé maussade et concupiscent, retrouve le sourire en écoutant un reclus des montagnes parler de chiens et de chevaux évoluant librement « dans les steppes du non-être ». Les prouesses de l’archer Liè-tseu sont remises en question par Comte Obscur, qui lui enseigne « le tir du non-archer ». Dans les premiers écrits taoïstes, tels que le Tchouang-tseu et le Liè-tseu, se côtoient des figures admirées et détestées de la société chinoise, allant du gentleman raffiné au paria querelleur. L’éthos taoïste aborde la sagesse sans se référer à des notions morales, la concevant comme un régime de puissance, en lien avec l’espace, l’imagination et l’œuvre du Ciel. De manière paradoxale, ce sont les corps infirmes et les êtres les plus infâmes qui semblent avoir une connexion profonde avec le Tao, le Principe qui régit l’existence.

Source : Textes taoïstes anciens.

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