Éducation nationale : le russe n’est-il vraiment plus enseigné en France ?

Éducation nationale : le russe n’est-il vraiment plus enseigné en France ?

Apprendre la langue de Tolstoï serait-il devenu trop politique ? Une vidéo virale d’une femme se présentant comme enseignante du russe en ligne affirme que « C’est terminé, le russe ne sera plus enseigné en France ». Selon ses dires, « c’est une première depuis plus de 50 ans : en 2026, aucun poste d’enseignement dans le secondaire ne sera ouvert pour la langue russe en France. L’État a décidé de ne proposer cette discipline ni au Capes ni à l’agrégation, en externe comme en interne, dans le public comme dans le privé sous contrat ».

Cependant, cette affirmation est inexacte. Bien que le ministère de l’Éducation nationale n’ait pas ouvert de nouveaux postes pour l’enseignement du russe dans le secondaire pour l’année 2026, il a confirmé que le russe continuerait d’être enseigné à la rentrée.

Le ministère a assuré qu’« aucun poste de russe n’a été supprimé et l’enseignement du russe continue d’être dispensé ». Sylvette Soulié, présidente de l’Association française des russisants (AFR), a également indiqué qu’il y aurait toujours des cours de russe à la rentrée prochaine. De nombreux établissements, comme le collège Jacques Prévert à Paris, prévoient encore des cours de russe, et 317 établissements proposaient l’apprentissage de cette langue à la rentrée de 2025, selon les chiffres de l’AFR.

Cependant, il est vrai qu’aucun nouveau poste n’a été ouvert cette année dans le secondaire. Cela signifie qu’aucun renfort n’est prévu pour les enseignants actuels. Le ministère explique cette décision par une « baisse continue des effectifs depuis 2020 ». En 2020, 10 686 élèves du second degré public apprenaient le russe, tandis qu’en 2025, ce nombre a chuté à 7 503, soit une diminution de 29,8 % en cinq ans.

Ce déclin des effectifs est attribué à certaines « réformes ministérielles », notamment la récente réforme du baccalauréat, qui a affecté l’enseignement des langues vivantes. Selon une note d’information publiée par le ministère en 2025, la troisième langue vivante (LV3), optionnelle à partir du lycée, est beaucoup plus rarement étudiée et en recul depuis cette réforme.

Le ministère a également noté qu’il y avait une « baisse continue du nombre de candidats », indiquant un déclin de l’attractivité de la discipline. Malgré cela, le nombre total d’enseignants en russe dans le second degré public reste relativement stable, passant de 126 enseignants pour l’année scolaire 2022-2023 à 122 pour 2025-2026.

La décision de ne pas ouvrir de nouveaux postes pour la langue russe est inédite. Sylvette Soulié a même adressé une lettre ouverte au président de la République en décembre 2025, exprimant ses inquiétudes concernant le manque futur de « spécialistes qui connaissent le russe et la Russie afin d’approcher ce pays avec professionnalisme, rationalité et objectivité ».

Source : Les Surligneurs, TF1, Libération, France24

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *