Comment la technologie est utilisée comme une arme contre les femmes

La technologie, arme contre les femmes : une réalité préoccupante

Les grandes plateformes numériques affichent leur soutien à l’autonomisation des femmes et à la promotion de leurs droits. Pourtant, les récents événements soulignent un retournement de situation. En effet, il y a un an, des dirigeants de grandes entreprises technologiques, dont Mark Zuckerberg de Meta, ont fait volte-face sur les initiatives de diversité, suggérant un besoin d’« énergie masculine » au sein de leurs cultures d’entreprise.

Cette dynamique a permis à la toxicité et à la misogynie en ligne de prospérer, comme en témoignent des scandales récents. L’outil d’intelligence artificielle Grok, développé par Elon Musk, a été utilisé pour déshabiller numériquement des femmes et des filles. De plus, les lunettes intelligentes Ray-Ban AI de Meta ont été rapportées comme ayant filmé des femmes sans leur consentement dans des situations de déshabillage.

Ces incidents démontrent que les outils numériques et les espaces en ligne demeurent dangereux pour les femmes, malgré les efforts de l’Union européenne (UE) pour établir des règles numériques visant à les protéger. Un rapport de la Commission européenne sur l’égalité des sexes a révélé que les femmes sont exposées de manière disproportionnée à la violence sexiste en ligne, notamment à travers le harcèlement, le doxing et la diffusion d’images intimes non consenties. Environ 98 % des deepfakes en ligne sont de nature pornographique, et 99 % d’entre eux représentent des femmes.

Les plateformes en ligne sont régies par la loi sur les services numériques (DSA) de l’UE, qui vise à rendre les géants de la technologie responsables de la gouvernance du contenu. Cependant, ces entreprises continuent de développer des outils qui rendent les espaces en ligne dangereux. Par exemple, des outils d’IA ont été créés pour produire des portraits de femmes sexualisés à la simple pression d’un bouton. Les filtres de beauté sur des applications comme Snapchat encouragent des normes de beauté irréalistes, contribuant à des problèmes de dysmorphie corporelle.

À l’approche de la Journée internationale des femmes, Henna Virkkunen, commissaire européenne chargée des technologies, a souligné la nécessité de rendre les espaces numériques plus sûrs. Elle a reconnu que la violence en ligne fondée sur le genre constitue une menace croissante. Malgré cela, la réalité vécue par les femmes en ligne semble loin des discours institutionnels.

Des exemples récents, comme les lunettes intelligentes de Meta, alimentent les inquiétudes. La députée Alexandra Geese a affirmé que les géants de la technologie envoient un message clair aux femmes : « Quittez le débat politique. Tais-toi. » Magdalena Maier, chercheuse au CDT Europe, a ajouté que le cadre législatif de l’UE, bien qu’offrant une base solide pour traiter les deepfakes non consensuels, présente encore des lacunes importantes.

Les lunettes intelligentes alimentées par l’IA sont de plus en plus courantes, souvent utilisées pour enregistrer des interactions sans le consentement des personnes filmées. Une enquête a révélé que ces dispositifs enregistraient des individus à leur insu, envoyant des images à des sous-traitants, ce qui soulève des questions éthiques et de sécurité.

Le scandale autour de Grok a conduit la Commission européenne à ouvrir une enquête sur la diffusion d’images pornographiques sur la plateforme X. Il est crucial que des mes soient prises pour atténuer les risques liés à ces technologies, alors que plusieurs législateurs européens envisagent d’inclure des interdictions dans de futurs règlements.

La nécessité d’une action immédiate est primordiale, car la technologie continue d’évoluer, souvent au détriment des droits des femmes. La Commission européenne prévoit de publier des lignes directrices pour aider à signaler la cyberviolence sexiste en ligne, mais l’efficacité de ces mes reste à prouver.

Source : Euractiv

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *