La Russie contrainte d'importer du carburant après les attaques ukrainiennes contre ses raffineries – L'Express

La Russie contrainte d’importer du carburant après les attaques ukrainiennes contre ses raffineries

Les frappes ukrainiennes ciblant les infrastructures pétrolières russes forcent désormais Moscou à importer du carburant, une situation inédite pour l’un des plus grands producteurs de pétrole au monde. Les attaques de drones ont considérablement réduit les capacités de raffinage du pays, poussant la Russie à recevoir une cargaison d’essence en provenance d’Inde et à intensifier ses achats auprès de la Biélorussie.

Selon le Financial Times, un pétrolier transportant 42 000 tonnes d’essence, chargé à la raffinerie de Vadinar, dans l’ouest de l’Inde, doit arriver au terminal pétrolier de Beloye More, dans le nord de la Russie. Cette cargaison, qui illustre la gravité de la crise du carburant, a été embarquée sur le navire Agni le 18 juin, avant d’être transférée sur le Garnet au large des côtes égyptiennes.

Les attaques ukrainiennes ont entraîné une réduction d’environ 40 % des capacités de raffinage en Russie, provoquant les pénuries les plus importantes depuis la chute de l’Union soviétique. Début juillet, plusieurs régions ont instauré des restrictions sur les achats d’essence, affectant environ 50 millions de Russes. Face à cette situation, Moscou a annoncé fin juin un plan d’importation de carburant.

Par ailleurs, l’acheminement de carburant depuis l’Inde a une dimension symbolique, car la raffinerie de Vadinar appartient à Nayara Energy, dont le groupe public russe Rosneft détient 49 % du capital. D’après les données de Kpler, au moins 60 000 tonnes d’essence ont déjà été expédiées d’Inde vers la Russie, représentant environ 60 % de la consommation quotidienne du pays.

La Biélorussie est devenue un autre fournisseur majeur pour Moscou. En juin, Minsk a vendu 184 000 tonnes d’essence à la Russie, un chiffre trois fois supérieur à celui de mai et 184 fois plus qu’un an auparavant. Ces importations, bien que significatives, ne suffisent pas à combler complètement le déficit d’approvisionnement.

Vladimir Poutine a reconnu l’existence de « difficultés », tout en affirmant qu’elles restaient « temporaires ». Selon des experts, les importations, combinées à des ajustements logistiques, ont permis d’atténuer la crise, notamment dans les grandes villes comme Moscou et Saint-Pétersbourg.

Source : L’Express, Financial Times

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