La reprise de Fibre Excellence : un enjeu capital
Depuis le 21 juillet, les salarié·es du producteur de pâte à papier Fibre Excellence ont mis sous protection l’usine de Saint-Gaudens (31). À Tarascon (13), des actions décidées collectivement avec les salarié·es sont conduites dans et autour du site depuis le 23 juillet, dans l’attente de l’audience « de la dernière chance ». Le tribunal de Commerce de Toulouse doit statuer sur l’avenir de l’entreprise ce lundi 27 juillet.
Une offre crédible
À une semaine du jugement, un rapport d’expertise indépendant vient confirmer le sérieux du projet porté par le banquier Matthieu Pigasse, soutenu par les régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte-d’Azur. Ce rapport indique que le projet « apporte une réponse crédible aux fragilités historiques du groupe, mobilise un actionnariat industriel et financier solide, présente une stratégie de transformation cohérente et bénéficie d’un plan de financement robuste ». Cependant, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a rejeté cette offre, la qualifiant de « pas au niveau ».
Un enjeu national
Les sites de Saint-Gaudens et Tarascon représentent près de 700 emplois directs et 10 000 emplois indirects. La liquidation de l’usine, qui fournit près de 80 % de la capacité française de pâte marchande, pourrait aggraver le déficit de la balance commerciale, estimé entre 1 et 2 milliards d’euros en raison des importations de pâte à papier. Cédric Caubère, responsable départemental de la CGT, a déclaré que la fermeture des deux usines serait « une catastrophe écologique et un gouffre financier pour les pouvoirs publics ». Le rapport d’expertise estime les coûts de dépollution à plus de 500 millions d’euros en cas de liquidation, soulignant que la disparition de Fibre Excellence « coûterait probablement davantage à la collectivité que les mes nécessaires à sa relance ».
Face à cette situation, l’État est appelé à agir pour préserver ce fleuron industriel français. Il dispose de leviers, notamment des aides financières, la régulation des tarifs de l’électricité et du marché du bois. Le président de la République a été interpellé le 23 juillet par un courrier signé par plusieurs secrétaires généraux de syndicats, dont Sophie Binet pour la CGT, ainsi que plusieurs responsables politiques.
Si l’État ne suit pas, c’est lui seul qui condamne la filière et les milliers d’emplois qui en découlent.
(Source : La Dépêche)
