France Travail met en place un système d’IA pour prioriser les contrôles des demandeurs d’emploi
France Travail expérimente un système d’intelligence artificielle (IA) pour identifier les demandeurs d’emploi à contrôler en priorité. L’algorithme s’appuie sur l’analyse de 26 variables, telles que les activités déclarées, les entretiens récents, et la visibilité des demandeurs auprès des recruteurs.
Le média La Quadrature du Net, en collaboration avec la cellule d’investigation de Radio France, a divulgué un document interne de France Travail. Ce document précise que l’objectif est d’atteindre 1,5 million de contrôles d’ici 2027, comme l’a annoncé Gabriel Attal. Bien que France Travail affirme que ce modèle sera éthique, des préoccupations subsistent concernant les dérives potentielles de l’IA et le manque de supervision humaine.
Le projet, intitulé « Ciblage du contrôle de la recherche d’emploi », vise à « recourir à l’IA » pour « identifier les dossiers nécessitant un examen approfondi » et « alimenter automatiquement l’outil de contrôle de la recherche d’emploi ». Les demandeurs d’emploi seront classés en deux catégories : « suspect » ou « non suspect », sans que l’IA n’émette de sanctions pour le moment.
De plus, France Travail envisage d’étendre l’utilisation de ce modèle à d’autres groupes, notamment les bénéficiaires du RSA, qui doivent s’inscrire à France Travail depuis janvier 2026. Cela pourrait potentiellement concerner plus de 6 millions de personnes évaluées chaque mois par l’algorithme.
En 2017, le nombre de contrôles des demandeurs d’emploi était de 200 000, un chiffre qui a grimpé à 944 000 en 2025. L’objectif annoncé de 1,5 million de contrôles d’ici 2027 pose la question de la faisabilité d’un tel volume de vérifications par des agents humains. Le recours à l’IA semble donc inévitable, bien que cela soulève des inquiétudes quant à la supervision humaine.
Des critiques émergent concernant le manque de transparence de France Travail sur le fonctionnement de cet outil algorithmique. La Quadrature du Net souligne que des questions demeurent sur la capacité de l’IA à évaluer équitablement les demandeurs d’emploi en se basant sur des critères objectifs.
Source : La Quadrature du Net
