Un mois après le double séisme, le Venezuela plonge dans une crise sanitaire

Un mois après le double séisme, le Venezuela confronté à une crise sanitaire

Un mois après le double séisme du 24 juin, le Venezuela continue de faire face à des conséquences tragiques. Le décompte officiel fait état de 5 398 morts et plus de 16 000 blessés au 22 juillet, un chiffre qui ne cesse d’augmenter. Selon le média local El Pitazo, 29 000 personnes sont encore portées disparues. Les autorités s’inquiètent désormais de la recrudescence des maladies liées aux conditions de vie précaires des sinistrés. Plus de 17 000 personnes se sont retrouvées sans abri, dont une partie est entassée dans une centaine de refuges temporaires.

Le nombre de cas de dysenterie a fortement augmenté, avec plus de 16 000 cas recensés par le ministère de la Santé entre le 28 juin et le 4 juillet, comparé à une moyenne saisonnière de 12 700 cas. De plus, une hausse de 5,27 % des infections respiratoires a été observée entre fin juin et début juillet.

Les avertissements de la Société vénézuélienne d’infectiologie soulignent que les maladies ne se manifestent pas immédiatement après un tremblement de terre, mais se développent progressivement avec la dégradation des conditions de vie, l’épuisement, le stress chronique – exacerbés par les répliques des séismes – et la malnutrition. L’accès difficile à l’eau potable complique également les efforts d’hygiène, favorisant la propagation de virus et de bactéries.

Selon le média RunRun, il est difficile de mer l’ampleur de la crise sanitaire, car à peine la moitié des établissements de santé parviennent à transmettre leurs données, en raison des défaillances récurrentes du réseau électrique. L’État de Miranda, dans le nord du pays, traverse un véritable « silence épidémiologique ».

Face aux dommages structurels des hôpitaux dans les zones touchées, les autorités sanitaires ont déployé des hôpitaux de campagne et des équipes médicales d’urgence. Elles craignent une résurgence de pathologies telles que la tuberculose ou l’hépatite E.

Pour prévenir une aggravation de la situation, des experts recommandent de rétablir en urgence l’approvisionnement en eau potable, de remettre en marche les systèmes de drainage, et de renforcer la surveillance dans les refuges. Ils plaident également pour une campagne stratégique de vaccination. Cependant, la couverture vaccinale souffrait déjà d’une « crise silencieuse » avant les séismes, avertit le quotidien El Nacional, avec à peine un enfant sur deux vacciné contre la coqueluche, le tétanos et la diphtérie, ce qui représente l’un des pires taux du continent.

Sources : El Pitazo, El Diario, RunRun, El Nacional

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