L’UE autorise la vente de pétrole russe saisi pour intensifier la pression sur Moscou
L’Union européenne (UE) a décidé d’autoriser ses États membres à vendre le pétrole russe saisi sur des navires tentant de contourner les sanctions imposées par l’Union. Cette me fait partie d’une nouvelle initiative visant à renforcer la pression économique sur le Kremlin, selon des responsables de la Commission européenne.
Jeudi, des diplomates de l’UE ont confirmé qu’une série de sanctions contre la Russie inclura une disposition permettant aux États membres de vendre le pétrole brut et d’autres matières premières confisquées sur ce que l’on appelle la « flotte fantôme » de pétroliers russes. Ces navires sont utilisés par la Russie pour contourner le plafonnement des prix du pétrole décidé par le G7.
Cette disposition, jugée « très importante » par un responsable de l’UE, permettra aux États membres de saisir les marchandises transportées par cette flotte fantôme après avoir arraisonné les navires dans le cadre d’opérations navales. Les saisies sont devenues de plus en plus fréquentes, et les responsables ont souligné que la question de la gestion de ces cargaisons et matières premières est cruciale, leur valeur étant considérable.
En plus du pétrole, cette me pourrait également permettre la vente de céréales en cas de saisie. Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts de Bruxelles pour restreindre les exportations énergétiques russes et ainsi réduire la capacité de Moscou à financer sa guerre en Ukraine.
En mars dernier, la Belgique a saisi en mer du Nord un pétrolier soupçonné d’appartenir à cette flotte fantôme, capable de transporter environ 330 000 barils de pétrole, représentant une valeur de 26 millions de dollars. Récemment, la France a également pris le contrôle d’un navire d’une capacité de 600 000 barils, évalué à environ 48 millions de dollars.
Moscou a dénoncé ces saisies comme de la « piraterie » et a menacé de riposter par tous les moyens nécessaires. La haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, a souligné que chaque voyage illicite contribue à alimenter la machine de guerre russe, affirmant que les sanctions sont accompagnées d’actions en mer.
Le train de sanctions annoncé comprend également un gel de douze mois du plafond des prix du pétrole russe, interdisant aux entreprises de l’UE de fournir des services, comme l’assurance, aux pétroliers russes vendant au-delà d’un certain prix. Ce plafond est fixé à 44 dollars le baril, mais aurait pu atteindre 58 dollars en l’absence d’accord.
L’UE estime que ce plafond pourrait coûter au Kremlin 3,5 milliards de dollars de recettes pétrolières perdues au cours de l’année à venir, basé sur un prix de vente du brut de l’Oural à 60 dollars le baril.
(Source : Euractiv)
