La santé des femmes est particulièrement menacée par le changement climatique
Un risque d’AVC et d’infarctus accru pour les femmes
En France, le changement climatique menace la santé publique, avec des répercussions particulièrement préoccupantes pour les femmes. Les urgences de santé liées au cœur et au système vasculaire sont en hausse :
- Chaque augmentation de la température de 1°C accroît le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) de 3,8 %. Les femmes, en particulier, meurent 65 % plus souvent de cette urgence vitale que les hommes.
- Le risque de décès dû à un infarctus du myocarde augmente de 7 % lors des 1 % des journées les plus chaudes de l’année. De plus, les femmes sont prises en charge en moyenne 30 minutes plus tard que les hommes, aggravant ainsi leur risque.
Une prise en charge moins efficace de la santé des femmes
Les inégalités dans la prise en charge des femmes sont en grande partie dues à une médecine historiquement centrée sur les hommes, ce qui entraîne des conséquences néfastes :
- La majorité des études médicales portent sur la santé masculine.
- Les recherches sont souvent menées et présentées par des hommes, risquant ainsi de négliger les inégalités de genre.
- Les symptômes d’urgences vitales, comme ceux de l’AVC chez les femmes, demeurent souvent méconnus.
- Le dosage des médicaments n’est pas toujours adapté aux femmes.
Ces inégalités dans le système de soins entraînent des prises en charge plus tardives et moins appropriées, augmentant le risque de séquelles graves ou de décès.
Des accouchements plus difficiles et des naissances prématurées
Les températures élevées compliquent également les grossesses, augmentant le risque de naissance prématurée de 26 %. D’ici 2050, une naissance sur dix à Toulouse pourrait survenir lors de journées atteignant au moins 30 °C. Les bébés exposés à de fortes chaleurs in utero présentent un poids à la naissance plus faible, particulièrement chez les mères vivant dans des contextes sociaux difficiles.
Les femmes sont en première ligne pour s’occuper des personnes touchées par le changement climatique
Le changement climatique intensifie les maladies dans la population, entraînant une demande accrue de soins. Les femmes, qui représentent 83 % des professionnels de santé en France, sont majoritairement celles qui s’occupent des malades, que ce soit à l’hôpital ou à domicile. De plus, 58 % des aidants sont des femmes, ce qui souligne leur rôle crucial dans la prise en charge des malades.
Malgré leur présence significative dans le secteur de la santé, les risques spécifiques auxquels les femmes font face restent souvent méconnus. La formation en santé aborde rarement les enjeux de genre, limitant l’efficacité des soins prodigués aux femmes.
Si rien n’est fait, le changement climatique creusera encore les inégalités de genre
Les catastrophes climatiques, telles que les sécheresses et les canicules, s’aggravent chaque année, augmentant les menaces pour la santé des femmes. Les prévisions indiquent que :
- Les épisodes de chaleur extrême deviendront plus fréquents, avec jusqu’à huit fois plus de journées dépassant 35 °C d’ici 2050.
- L’accès à l’eau potable sera compromis dans 57 % de l’Hexagone.
- Les inondations deviendront plus fréquentes, menaçant la santé par la propagation de maladies infectieuses.
Tant que la prise en charge des femmes ne sera pas améliorée, les inégalités de genre en matière de santé continueront de se creuser sous l’effet du changement climatique.
Réduire les émissions de gaz à effet de serre pour lutter contre les inégalités de genre causées par le changement climatique
Pour faire face à cette situation, il est impératif d’agir sur deux fronts : atténuer le changement climatique et s’adapter à ses effets inévitables. Actuellement, les progrès dans ces domaines sont largement insuffisants, et les risques pour la santé, notamment celle des femmes, continuent d’augmenter.
La lutte contre le changement climatique nécessite une transition juste, où les plus riches, qui sont les principaux contributeurs aux émissions de gaz à effet de serre, doivent réduire leur empreinte carbone.
Source : Oxfam France
