REPORTAGE.

« Il y a de la fumée là-bas ! » : à Marseille, des scouts sillonnent les Calanques pour traquer les incendies

Marseille, 21 juillet 2026 – Alors que les températures grimpent et que le risque d’incendie est qualifié de « très élevé » dans les Bouches-du-Rhône, deux jeunes scouts, Fantine et Noah, interceptent des promeneuses à l’entrée du parc national des Calanques. « Bonjour, on est en zone rouge aujourd’hui, donc tout le massif est fermé et on n’a pas du tout le droit d’être ici, » leur expliquent-ils. Les deux femmes, surprises, s’excusent et s’éloignent, mais les scouts restent vigilants, inquiets qu’elles poursuivent leur balade.

Les scouts ne sont pas là pour faire respecter la loi, mais pour informer le public des dangers. Isabelle Marty, membre de l’équipe de direction du camp de Luminy, précise : « On peut aussi prévenir les gens qu’ils encourent une amende de 135 euros. Mais généralement, ça se passe bien, surtout avec des touristes qui ne sont pas au courant. »

Le camp de Luminy, installé dans le 9e arrondissement de Marseille, accueille chaque été des scouts et guides de France depuis 1980, participant à un dispositif préfectoral de protection des forêts. « En 1979, un gros incendie a ravagé les Calanques. Nous surveillons aujourd’hui les arbres plantés par d’autres scouts en 1980, » raconte Isabelle.

Pour cette quinzaine de juillet, près de 90 jeunes âgés de 14 à 17 ans, encadrés par une vingtaine d’adultes, se relaient pour surveiller le massif. En tout, environ 600 scouts de toute la France viennent cet été pour des missions de prévention.

Les journées sont rythmées par des patrouilles et des jeux, mais la vigilance est de mise. « Avec l’actualité caniculaire et les nombreux feux de forêt observés depuis le début de l’été, on a l’impression d’être vraiment utile, » confie Lili, une scout venue de Remiremont.

Les scouts reçoivent une formation sur la reconnaissance de la fumée, sa couleur et sa densité. « Il faut éviter de se faire berner par la vapeur d’eau des carrières ou des asperseurs, » explique Isabelle. Les jeunes apprennent à identifier les signaux de danger et à signaler toute anomalie.

Ambre, Angèle et Isaure, trois adolescentes, rejoignent leur poste de vigie après un léger retard. « Il faut monter pour trouver la vigie, » leur souffle Isabelle. Sous un soleil de plomb, elles prennent leurs marques et identifient des traces d’un incendie passé. « Vous auriez été là, vous auriez vu le feu, » leur dit la formatrice.

Les scouts sont conscients de l’importance de leur mission. Axel et Ethan, en poste de coordination, rapportent que certains promeneurs ignorent les restrictions. « Je pense qu’il faudra être plus ferme la prochaine fois, » conclut Axel.

Alors que les jeunes scouts s’engagent dans cette mission de surveillance, ils se sentent responsables et utiles, conscients des enjeux environnementaux actuels.

Source : Franceinfo

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