Pourquoi les pompiers bruxellois font grève depuis 3 jours: «Des messages suggèrent une action nationale» 

Grève des pompiers bruxellois : un mouvement prolongé face à des revendications non satisfaites

Prévue pour ne durer que 24 heures, la grève des pompiers bruxellois s’étend désormais sur trois jours, marquant une mobilisation exceptionnelle pour un corps de métier traditionnellement peu enclin à cesser le travail. Les syndicats dénoncent un sous-effectif, un manque de moyens et des engagements politiques jugés insuffisants. En réponse, le gouvernement bruxellois affirme avoir pris de nouvelles mes pour tenter de sortir de la crise.

Les pompiers bruxellois ont choisi le 21 juillet, jour de la Fête nationale, pour lancer leur mouvement. Initialement limitée à une journée, la grève a été prolongée à plusieurs reprises à la demande des pompiers, évoluant vers une grève à durée indéterminée. Patrick Giebens, représentant de la CGSP, souligne : « Je n’ai jamais vu les pompiers faire une grève pareille. Ils sont vraiment au bout. »

Cette mobilisation est le résultat de plusieurs mois de tensions. Les pompiers avaient déjà observé une journée de grève en décembre dernier pour dénoncer le manque d’effectifs. Selon la CGSP, il manquerait aujourd’hui entre 250 et 260 pompiers au SIAMU (Service d’Incendie et d’Aide Médicale Urgente), contre environ 200 en début d’année. Cette situation est attribuée à des départs à la retraite et à des départs volontaires non compensés. Le syndicat réclame également un refinancement structurel du service, davantage de personnel pour le centre d’appels d’urgence, ainsi que la rénovation de la caserne principale de l’Héliport, jugée vieillissante.

Mercredi, les syndicats ont rencontré le ministre-président Boris Dilliès. À l’issue de cette réunion, le gouvernement a proposé l’engagement de 40 pompiers d’ici à la fin de l’année. Cependant, cette offre est jugée insuffisante par la CGSP, qui souligne que ces recrutements seraient tirés d’une réserve déjà partiellement utilisée. De plus, près de 70 pompiers devraient quitter le SIAMU en 2026, dépassant ainsi les engagements annoncés. Le syndicat conteste également l’utilisation des 10 millions d’euros de financement fédéral supplémentaire promis au service dès 2026, affirmant que seuls deux millions seraient réellement consacrés au personnel.

Face à l’intensification de la grève, le gouvernement bruxellois s’est réuni en urgence jeudi. Boris Dilliès a annoncé l’approbation de propositions concernant les effectifs, les moyens opérationnels et plusieurs investissements, tout en appelant à « un esprit de responsabilité ». Cependant, la CGSP a décidé de maintenir la grève, rejetant la condition du gouvernement d’annuler les actions en cours avant de discuter.

Malgré la grève, le SIAMU as que les missions essentielles continuent d’être réalisées grâce à des réquisitions, des non-grévistes et le soutien de la Croix-Rouge. La centrale 112 applique également un tri plus strict des appels.

Ce malaise dépasse les frontières bruxelloises, avec un préavis de grève national déposé en juin pour l’ensemble des zones de secours du pays. Des messages de zones suggérant une grève nationale ont déjà été reçus, témoignant d’un mécontentement croissant au sein du secteur.

Source : CGSP

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