La NASA met en garde contre les tempêtes solaires menaçantes pour nos technologies
Le 15 juillet 2026, des physiciens du centre Goddard de la NASA et de l’université de Lancaster ont publié une étude qui remet en question les scénarios de protection des infrastructures terrestres face aux tempêtes solaires. Selon leur analyse, qui repose sur plus d’un million d’observations satellites, les tempêtes solaires les plus rares pourraient avoir un impact dévastateur sur nos technologies, sans qu’aucun mécanisme naturel ne puisse freiner leur effet.
Des mes biaisées par la distance
Depuis les années 1990, les sondes spatiales ont mesuré les flux de particules au point de Lagrange L1, situé à environ 1,5 million de kilomètres de la Terre. Les données recueillies à cette distance ne tiennent pas compte de l’énergie perdue par les particules lors de leur passage à travers la magnétogaine, ce qui conduit à une sous-estimation de l’intensité réelle qui atteint notre atmosphère.
L’étude publiée dans Nature souligne que ce biais systématique a nourri l’idée d’un seuil naturel pour les courants électriques ionosphériques, qui semblent se stabiliser au-delà d’une certaine intensité. Cependant, les chercheurs identifient cette saturation apparente comme un artefact statistique.
Les tempêtes solaires échappent à toute limite connue
Pour contourner ces problèmes de me, les chercheurs ont utilisé des engins en orbite terrestre basse, tels que les missions THEMIS, MMS et DoubleStar. Ces observations ont révélé une relation directe entre la puissance des flux et l’intensité des courants dans l’ionosphère polaire, sans aucune saturation apparente. Selon Nithin Sivadas, physicien au centre Goddard, les modèles basés sur les capteurs en L1 minimisent la menace réelle, alors que la réponse terrestre augmenterait de manière linéaire avec la puissance du flux incident.
Nos infrastructures en première ligne face aux tempêtes solaires
Les conséquences ne sont pas théoriques. En 2003, les tempêtes d’Halloween avaient perturbé un système de navigation aérien américain pendant 26 heures, tandis que l’événement de Carrington en 1859 avait mis hors service les réseaux télégraphiques en Europe et en Amérique du Nord. Sans le plafond de protection supposé par les anciens modèles, une tempête millénaire pourrait gravement perturber les communications spatiales et couper les signaux de navigation.
Les auteurs de l’étude recommandent de recalibrer les prévisions avant le prochain pic du cycle solaire pour mieux anticiper ces événements potentiellement catastrophiques.
Source : Nature (2026).
