La NASA trompée pendant 30 ans : un objet classé comme un astéroïde était en fait… une comète
Une comète déguisée en astéroïde vient enfin de dévoiler son vrai visage. Prise pour un banal caillou spatial durant près de trente ans, elle a trahi son secret par un simple écart de trajectoire.
Une comète déguisée en astéroïde échappe longtemps aux instruments
Tout commence par un rendez-vous manqué. Le 28 août 2025, des chercheurs pointent le radar planétaire de la NASA vers un objet baptisé 1998 SH2. Selon un communiqué de la NASA publié le 16 juillet 2026, cet objet n’était pas un astéroïde, mais une comète. Le résultat provient d’une équipe du Jet Propulsion Laboratory, en Californie, qui s’appuie sur une étude parue dans la revue Nature Astronomy.
L’objet passe alors à trois millions de kilomètres de la Terre, au plus près depuis des années. Pourtant, le radar Deep Space Network ne le trouve pas là où les calculs le plaçaient. Les scientifiques comprennent vite qu’une force inattendue dévie sa course. Ils utilisent des télescopes optiques pour mer précisément sa position dans le ciel. L’astrométrie révèle des perturbations non gravitationnelles incompatibles avec un astéroïde.
Ces écarts trahissent un mécanisme bien connu des comètes. En effet, la chaleur du Soleil transforme la glace de l’objet en gaz, produisant une minuscule poussée qui modifie la trajectoire. Davide Farnocchia, ingénieur au centre d’étude des objets géocroiseurs du JPL, souligne que ce comportement ne collait pas avec un simple caillou rocheux.
Une faible queue confirme la nature cométaire de l’objet
Un astéroïde et une comète ne se ressemblent guère. Le premier est un bloc rocheux et métallique, vestige des débuts du Système solaire, tandis que la seconde naît aux confins du Système solaire, où son mélange de glace et de poussière se vaporise en une traînée lumineuse.
Pour trancher, les chercheurs profitent du passage rapproché de 2025. Ils mobilisent le télescope Canada-France-Hawaï, à Hawaï, et le Très Grand Télescope de l’Observatoire européen austral, au Chili. Ces instruments captent une queue faible mais nette, confirmant sans ambiguïté la nature cométaire de l’objet, qui reçoit désormais la désignation P/1998 SH2.
Cette comète pourrait annoncer d’autres surprises célestes
Le cas de 1998 SH2 éclaire une catégorie encore mystérieuse, les comètes sombres. Ces objets suivent des trajectoires irrégulières sans montrer de queue ni de dégazage visible. La première comète sombre a été repérée en 2016, suivie d’une douzaine d’autres.
Beaucoup de ces comètes sombres pourraient cacher de véritables comètes. En observant leur mouvement avec des télescopes puissants, les chercheurs espèrent en démasquer d’autres. Certains objets classés comme astéroïdes pourraient donc changer de catégorie, touchant de nombreux corps proches de la Terre.
Au-delà de la simple étiquette, ces travaux contribuent à la défense planétaire. Le dégazage perturbe la course des comètes bien plus que celle des astéroïdes, et mieux comprendre ces déviations aide à évaluer le risque d’impact terrestre. La future mission NEO Surveyor de la NASA cherchera précisément ces objets sombres et difficiles à repérer, soulignant l’importance de surveiller le voisinage de la Terre.
Source : NASA, Nature Astronomy
