MONIQUE BARBUT RESTE AU GOUVERNEMENT MALGRÉ « LE RECUL ENVIRONNEMENTAL DE TROP »

Monique Barbut reste au gouvernement malgré des désaccords sur la loi d’urgence agricole

Emmanuel Macron n’a pas accepté la démission de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, qui continue sa mission tout en s’opposant à la loi d’urgence agricole récemment adoptée. Cette situation met en lumière les reculs environnementaux dénoncés par la ministre.

Le 22 juillet, Monique Barbut a initialement remis sa démission à Emmanuel Macron après l’adoption définitive de cette loi. Cependant, quelques heures plus tard, son cabinet a annoncé qu’elle avait accepté de poursuivre son rôle à la demande du président, qui lui a exprimé son soutien. Nommée en octobre 2025 et ancienne présidente de WWF France, Barbut fait face à l’urgence d’agir contre les effets du changement climatique, tout en maintenant son désaccord avec la version finale de la loi agricole.

Avant de proposer sa démission, Monique Barbut avait exprimé sur LinkedIn son manque de moyens pour mener à bien ses ambitions : « Je dois reconnaître que je ne dispose plus des moyens de mener à bien cette ambition ». Elle a également critiqué le gouvernement pour avoir empêché le débat sur la suppression de certaines mes, qualifiant le maintien du volet sur les pesticides de « recul environnemental de trop ». Ce maintien soulève une contradiction politique, alors que Barbut est chargée de défendre une loi qu’elle désapprouve.

L’opposition de la ministre à cette législation n’est pas nouvelle. Elle avait déjà exprimé son désaccord concernant la réintroduction de l’acétamipride, un pesticide, et souligné des préoccupations sur le partage de l’eau en agriculture. Barbut a affirmé : « On ne peut pas accepter que certains, parce qu’ils en ont les moyens, organisent seuls leur accès à l’eau pendant que les autres supportent la contrainte ».

La loi d’urgence agricole survient dans un contexte de restrictions budgétaires touchant les politiques environnementales. Le Fonds vert, dont l’enveloppe était de 2,4 milliards d’euros en 2024, a été réduite à 837 millions d’euros en 2026. Ce fonds soutient des initiatives cruciales telles que la rénovation de bâtiments publics et l’adaptation au réchauffement climatique, rendant ainsi plus difficiles les investissements nécessaires.

L’impact de ce manque d’investissements a été particulièrement visible lors de la canicule de juin 2026, qui a entraîné la fermeture de 845 écoles et collèges, révélant l’inadéquation thermique de nombreux établissements scolaires. Monique Barbut avait alors écarté l’idée d’une fermeture automatique des écoles à l’échelle nationale, préférant des décisions locales. La situation a mis en lumière l’absence d’une réponse structurelle suffisamment financée pour faire face aux épisodes de chaleur extrême.

D’autres mes environnementales ont également été mises en question durant son mandat. Le Conseil constitutionnel a censuré des dispositions concernant la suppression des zones à faibles émissions et des assouplissements de l’objectif de zéro artificialisation nette des sols, préservant ainsi ces règles.

Malgré son maintien au sein du gouvernement, Monique Barbut se retrouve à la tête d’un ministère dont les capacités d’action demeurent limitées.

Source : Le Parisien

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