Didier Maïsto : Itinéraire d’une radicalisation
Le 7 juillet 2026, la cour d’appel de Paris a rendu une décision dans l’affaire des assistants parlementaires du Rassemblement national, permettant ainsi une éventuelle candidature de Marine Le Pen à la présidentielle de 2027. Didier Maïsto a rapidement interprété cette décision comme une confirmation d’un complot. Deux jours après l’arrêt, il a déclaré que Le Pen était « évidemment parfaitement en me d’être candidate », tout en suggérant que sa présence au second tour pourrait « servir de repoussoir » face à un candidat d’« extrême-centre », favorisant ainsi « l’État profond ».
Maïsto, qui a exercé plusieurs métiers, dont attaché parlementaire, chef d’entreprise, et animateur pour RT France, a vu sa carrière évoluer vers des positions extrêmes. Son livre publié en 2020, Passager clandestin, promettait de révéler « une vérité qui dérangera au plus haut point les puissances et les pouvoirs ». Actif sur les réseaux sociaux, il compte environ 165 000 abonnés sur X, où il affirme que « nous ne sommes plus en démocratie ».
Son discours a pris un tournant significatif en décembre 2024, lorsqu’il a déclaré sur QG, un média en ligne, qu’il croyait à « la guérilla permanente » et qu’il « revendiquait une forme de violence ». Cette évolution s’inscrit dans un contexte où il a été un ardent soutien du mouvement des Gilets jaunes, se présentant comme leur porte-parole et s’associant avec des figures controversées du mouvement.
La crise sanitaire de 2020 a également renforcé son ancrage dans la galaxie complotiste. En soutenant des personnalités comme Louis Fouché, il est devenu l’un des principaux relayeurs de discours sceptiques sur la COVID-19. Il a appelé au boycott des « médias aux ordres » et a menacé ceux qui soutiennent des mes sanitaires, les qualifiant de membres de l’« État profond ».
En septembre 2021, Maïsto a lancé sa WebTV, PDAtv, se positionnant comme une alternative aux médias traditionnels. Il a exprimé la nécessité de « combattants, de résistants », se déclarant prêt à devenir un « chef de guerre ». Ce discours s’est accompagné d’une rhétorique où il décrit Emmanuel Macron comme un « guignol » et dépeint l’Union européenne comme un « accélérateur de paupérisation et de dictature ».
Sa radicalisation s’est accentuée avec des affirmations sur des événements tragiques, comme l’incendie de Notre-Dame, qu’il a interprété comme un schéma délibérément occulté visant le patrimoine catholique. Il a également avancé des théories sur des attentats fabriqués par les démocraties occidentales pour maintenir la population dans la peur.
Didier Maïsto incarne ainsi une forme de radicalisation qui mêle conspirationnisme, confusionnisme et apologie de la violence, ayant coché toutes les cases d’une dérive vers l’extrême.
Source : Conspiracy Watch
