Cinéma en Gironde : quand UGC fait pression sur les pouvoirs publics pour qu’un festival de cinéma bordelais infléchisse sa programmation

UGC exerce des pressions sur le festival de cinéma bordelais

Cinq mois après une réunion en juin, la direction d’UGC a rencontré la Région Nouvelle-Aquitaine pour discuter du réseau de cinémas local, dans un climat de tensions marqué par des inquiétudes liées à son rapprochement avec Canal+. Maxime Saada, PDG de Canal+, avait annoncé en mai qu’il ne collaborerait pas avec les professionnels du cinéma ayant signé une pétition contre Vincent Bolloré, actionnaire de référence.

Charline Claveau, vice-présidente à la culture, a témoigné : « UGC est un acteur culturel bordelais important. Je pensais que cette démarche était liée aux difficultés économiques des grands réseaux. » Cependant, l’ordre du jour a révélé des intentions différentes, Samuel Loiseau, directeur des opérations France et Belgique d’UGC, étant venu aborder la position du Festival international du film indépendant de Bordeaux (Fifib).

De la demande d’ingérence aux menaces

Frédéric Vilcocq, directeur de cabinet adjoint de la Région, a rapporté qu’UGC avait demandé d’intervenir auprès du festival pour rétablir un partenariat rompu, précisant que la même démarche avait été faite auprès de la Ville de Bordeaux. La mairie a confirmé avoir été approchée, affirmant qu’elle n’avait pas vocation à s’immiscer dans les relations entre les organisateurs d’événements et leurs collaborateurs.

La Région a opposé un refus à cette demande, soulignant que la décision du Fifib « relève strictement de l’autonomie associative ». Claveau a noté que le représentant d’UGC avait insisté sur la nécessité pour l’association de rester neutre, assimilant le choix du festival aux mobilisations contre l’influence de Vincent Bolloré. « Il est paradoxal de reprocher aux associations de faire de la politique, alors que ces groupes subissent les conséquences de l’idéologie de leurs propres patrons », a-t-elle ajouté.

Du côté du Fifib, il a été précisé que la rupture de partenariat avait été décidée en mars, mais que cette décision avait été prise dès novembre 2025, bien avant l’émergence de la polémique UGC-Bolloré. Vilcocq a exprimé sa surprise face à la tonalité de la suite des événements, qui ressemblait à une menace formulée à l’encontre d’une collectivité. UGC envisagerait de faire pression sur les producteurs et distributeurs pour obtenir les films du Fifib en exclusivité ou en priorité aux mêmes dates que le festival, en réponse à leur refus.

Source : Sud Ouest

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