Ce serait une erreur d’autoriser l’enrichissement en Arabie saoudite
Les États-Unis ont signé un accord historique avec l’Arabie saoudite pour établir un programme nucléaire civil, suscitant des préoccupations concernant la prolifération nucléaire au Moyen-Orient. Bien que Washington garantisse que cet accord inclut des garde-fous pour prévenir de tels risques, des parlementaires américains et des experts appellent à ne pas permettre à Riyad d’enrichir son propre combustible.
Contexte factuel
L’annonce de l’accord, faite mercredi, a été confirmée par le ministre américain de l’Énergie, Chris Wright, qui a déclaré que cet accord « jette les bases juridiques d’un partenariat de plusieurs décennies » pour renforcer les relations commerciales entre les États-Unis et l’Arabie saoudite. Ce partenariat vise également à développer les exportations de technologies nucléaires américaines et à créer des emplois bien rémunérés aux États-Unis. L’accord a été signé par Chris Wright et le prince Abdulaziz ben Salmane, ministre saoudien de l’Énergie, et doit encore être soumis au Congrès américain, où il est peu probable qu’il rencontre une opposition significative.
Risques de prolifération
Des voix s’élèvent, notamment celle du sénateur démocrate Chris Murphy, qui a exprimé des craintes quant à la possibilité que cet accord entraîne une course à l’armement nucléaire dans la région, dissuadant l’Iran de limiter son propre programme nucléaire. Le sénateur Bernie Sanders a également critiqué cet accord, soulignant l’incohérence de la politique américaine vis-à-vis de l’Iran et de l’Arabie saoudite.
Selon le Wall Street Journal, une clause de l’accord pourrait permettre à des entreprises américaines de construire un complexe d’enrichissement d’uranium en Arabie saoudite, si une étude conjointe le justifie. Matthew Kroenig, ancien responsable du ministère de la Défense, a averti que « ce serait donc une erreur d’autoriser l’enrichissement en Arabie saoudite ».
Conséquence directe
Des parlementaires américains, tant républicains que démocrates, ainsi que des responsables israéliens, ont exprimé leur opposition à tout projet nucléaire civil en Arabie saoudite, craignant qu’il ne serve à développer des armes nucléaires. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a assuré que les États-Unis ne concluraient jamais d’accords pouvant mener à un risque de prolifération nucléaire.
Source : BFM TV
