Washington durcit ses menaces, la guerre s’étend à la mer Rouge
Les hostilités entre Téhéran et Washington, reprises le 7 juillet, ont atteint un nouveau seuil. Le président américain Donald Trump a menacé, via sa plateforme Truth Social, que « chaque fois que la République islamique d’Iran tirera sur un navire dans le détroit d’Ormuz, les États-Unis bombarderont et détruiront un pont ou une centrale électrique, y compris ceux situés près de, ou dans, la capitale Téhéran ». Il a également affirmé ne pas en avoir « fini du tout » avec l’Iran.
Sur le terrain, les frappes se succèdent. Un missile américain a touché l’île de Larak, dans le détroit d’Ormuz, causant de fortes explosions. Les autorités iraniennes tentent d’évaluer les dégâts. Selon des témoignages, la grande ville de Tabriz et la province du Khouzestan ont également été ciblées. Aïda, une brodeuse de 34 ans d’Iranshahr, a exprimé son désespoir face à l’inflation et à la pauvreté, ajoutant que « maintenant nous devons en plus faire face aux ravages de la guerre ».
Le contrôle de Téhéran sur le détroit d’Ormuz est au cœur du différend. L’Iran n’autorise qu’un seul itinéraire le long de ses côtes, menaçant les navires contrevenants et souhaitant instaurer des frais de service. Le secrétaire d’État Marco Rubio a déclaré que les États-Unis restent ouverts à la diplomatie, mais que les Iraniens semblent ignorer cette option. Il a également exprimé des inquiétudes concernant un « très dangereux précédent » si l’Iran maintenait son contrôle, surtout en raison de l’opposition de la Chine à toute forme de péage.
Les marchés réagissent fortement à cette escalade. Le baril de Brent a clôturé en hausse de 3,36 % à 94,07 dollars, tandis que le West Texas Intermediate a gagné 2,95 % à 86,83 dollars. John Kilduff, analyste d’Again Capital, a commenté que les opérations militaires ont repris avec une intensité sans précédent.
La situation se complique avec les Houthis pro-iraniens, qui ont annoncé un blocus des ports d’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut. Au moins neuf bateaux ont fait demi-tour en mer Rouge ou aux abords de Bab el-Mandeb, ce qui pourrait entraver l’exportation de millions de barils de pétrole. David Morrison, du courtier Trade Nation, avertit que cela pourrait entraîner de graves pénuries d’approvisionnement.
Aux États-Unis, la réserve stratégique a diminué de 5 millions de barils la semaine passée, avec plus de 100 millions de barils puisés depuis le début du conflit. Ce dernier, déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, a déjà coûté 37,5 milliards de dollars aux États-Unis.
L’Iran, pour sa part, intensifie ses ripostes, interceptant des missiles et drones dans des pays voisins. Le porte-parole de la diplomatie iranienne a démenti les accusations de Washington concernant des activités nucléaires au mont Kolang, qualifiant cela de prétexte pour justifier l’agression.
Enfin, au Liban, le Premier ministre Nawaf Salam a affirmé que son pays œuvrait à un « retrait israélien global », signalant un désir de progresser dans l’accord-cadre conclu sous l’égide des États-Unis.
Source : AFP.
