Loi d’urgence agricole : ce que les députés et sénateurs bretons ont voté

Loi d’urgence agricole : le vote des parlementaires bretons

Sur les 41 parlementaires de la région Bretagne, 21 élus, soit 15 députés et 6 sénateurs, se sont opposés à la loi d’urgence agricole lors du vote. Trois autres ont choisi de s’abstenir. Cette contestation est d’autant plus significative qu’elle provient en partie du bloc central, qui s’est montré fracturé sur un texte soutenu par le gouvernement.

La majorité fortement divisée

Le principal point de discorde réside dans la possibilité d’une réintroduction dérogatoire de certains pesticides, tels que l’acétamipride et le flupyradifurone. Le refus du gouvernement de débattre de cette question a été perçu comme une ligne rouge pour certains membres du bloc central breton. Cinq parlementaires ont voté contre, notamment Hervé Berville, Sandrine Le Feur, Erwan Balanant, Éric Bothorel et Michel Criaud, tandis que trois se sont abstenus : Mickaël Cosson, Graziella Melchior et Thierry Benoit.

Le député Éric Bothorel (Ensemble) a exprimé son mécontentement en déclarant : « On ne peut pas se plaindre le lundi des reculs environnementaux, et réintroduire l’acétamipride le mardi, le flupyradifurone le mercredi ». Erwan Balanant, du MoDem, a également critiqué l’ajout de l’acétamipride au projet de loi, jugeant que cela avait crispé le débat.

Cependant, 11 parlementaires ont choisi de soutenir le texte, parmi lesquels Michel Canévet, Annaïg Le Meur et Liliana Tanguy. Didier Le Gac a souligné l’importance de cette loi pour les agriculteurs, tout en regrettant la réintroduction des pesticides.

Opinions divergentes selon l’orientation politique

Alors que le centre s’est divisé, les deux extrémités de l’échiquier politique breton ont affiché une position unie. Aucun élu de gauche, des insoumis aux écologistes, n’a soutenu la loi. La députée Mélanie Thomin (PS) a critiqué le texte, le qualifiant de passage à côté des véritables urgences, telles que la défense du revenu agricole et l’accompagnement des exploitations face au changement climatique.

À droite, les députés et sénateurs bretons, comme Jean-Luc Bourgeaux et Alain Cadec, ont soutenu le projet de loi, le considérant comme un bon compromis pour la défense des filières agricoles. Corentin Le Fur (député LR) a précisé que la réintroduction de l’acétamipride serait limitée à la culture de noisettes sur une petite partie du territoire français, avec l’accord de l’Anses.

Les insoumis, socialistes et écologistes ont annoncé leur intention de saisir le Conseil constitutionnel concernant cette loi.

Source : Le Télégramme

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