Les grappes font normalement le double voire le triple : la chaleur fait aussi souffrir les vignobles
Les pieds de vignes subissent de plein fouet les chaleurs extrêmes de ces dernières semaines. Conséquences : les raisins sont plus petits et les vendanges s’annoncent très précoces cette année dans le Bordelais, en Gironde.
Les vignes, elles aussi étouffent. Les pieds ne semblent pas résister aux fortes chaleurs de ces dernières semaines. Dans le vignoble de Pierre Vircoulon, à Saint-Hippolyte, en Gironde, la canicule a brûlé les feuilles et perturbé la croissance du raisin. “Les grappes font normalement le double voire le triple”, constate-t-il. Le vigneron prévoit déjà une perte de 20% sur son exploitation.
Comme beaucoup de vignerons déjà frappés par la crise viticole, Pierre Vircoulon voit les problèmes s’accumuler : « On aimerait bien récolter convenablement, pour avoir un peu moins de stress et que ça roule, mais c’est vrai qu’à force, ça devient compliqué.”
L’année dernière, on a déjà subi une sécheresse, cette année en voilà une autre.
Pierre Vircoulon,vigneron en Gironde
Dans ces moments de crise, les conseils entre professionnels sont de mise. L’œnologue Damien Houx passe régulièrement sur les exploitations pour soutenir les viticulteurs. “Il faut éviter le rognage car ça apporte toujours un peu de stress à la vigne. Donc le mieux est de laisser les feuilles du haut le plus longtemps possible”, conseille-t-il.
Quand Damien Houx n’est pas dans les vignes, il opère dans son laboratoire. Il pèse des grains de raisins relevés sur la parcelle afin de mer l’étendue des dégâts causés par la chaleur. « Là on a des baies qui font 0,60 gramme pour les plus petites, et 1,65 pour les plus grosses », détaille-t-il. Cette différence de poids joue alors sur la qualité du vin. “On observe des différences de maturité. Il y a des raisins qui vont être mûrs plus tôt, d’autres plus tard. On va voir des baies avec beaucoup de jus et d’autres avec moins. Et souvent, les petites baies vont faire des tanins plus durs et des vins plus rustiques”.
Dans un contexte où le prix du foncier et la vente de vins sont en perpétuelle chute, chaque récolte devient cruciale. Pour terminer la saison sans trop de conséquences néfastes, les vignerons espèrent voir tomber la pluie au plus vite sur leur vignoble.
Source : France 3 Aquitaine
