Monique Barbut reste ministre de la Transition écologique malgré une démission annoncée
La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a déclaré le 22 juillet 2026 qu’elle « présenterai[t] » sa « démission au président de la République aujourd’hui », suite à l’adoption par le Parlement d’une me controversée sur les pesticides, à laquelle elle s’opposait dans le cadre de la loi d’urgence agricole. Emmanuel Macron « ne l’a pas acceptée », et elle a décidé de « poursuivre sa mission à la demande » du président « qui l’a assurée de son soutien », selon un communiqué de son cabinet.
Le Parlement a validé le 21 juillet le projet de loi d’urgence agricole, qui inclut la réintroduction, sous conditions, de certains pesticides prohibés en France mais autorisés dans l’Union européenne. Ce texte permet à l’Agence de sécurité sanitaire (Anses) de réintroduire l’acétamipride et le flupyradifurone pour des filières en difficulté, comme celles des noisettes et de la betterave. Cette décision a engendré des tensions au sein du Parlement et des divisions au sein de la majorité.
Monique Barbut a exprimé son désaccord dans un message sur LinkedIn, soulignant que « contrairement aux engagements qui m’avaient été donnés, le gouvernement a empêché le débat autour de la suppression de cette me ». Elle considère ce revirement comme « le recul environnemental de trop ».
En 2016, la France avait interdit l’acétamipride au nom du principe de précaution, basé sur des expertises scientifiques. Dix ans plus tard, des études continuent de soulever des inquiétudes concernant ses effets sur la santé humaine et l’environnement. Barbut a insisté sur la pertinence du principe de précaution, affirmant qu’il « s’impose
Finalement, elle a accepté de rester au gouvernement, mettant en avant l’urgence d’agir contre les conséquences du changement climatique et les enjeux de santé environnementale, tout en confirmant son désaccord sur la version finale du projet de loi.
Monique Barbut, diplômée de l’Institut des hautes études internationales de l’université Panthéon-Assas, a précédemment dirigé WWF France et a été secrétaire exécutive de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification. Elle a déjà menacé de démissionner dans le passé concernant des décisions gouvernementales et a plaidé pour des budgets adéquats pour l’adaptation et le Fonds vert.
Source : AFP
