Cameroun : le parti au pouvoir répond à la controverse sur l’absence prolongée du président
Le ministre d’État et secrétaire national à la communication du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), Jacques Fame Ndongo, a affirmé le 21 juillet qu’il n’y a « aucune vacance de pouvoir au sommet de l’État ». Cette déclaration survient en plein débat sur l’absence prolongée du président Paul Biya, qui n’a pas été sur le territoire national depuis 45 jours. Au lieu de calmer les tensions, cette intervention a ravivé la controverse.
Concernant la question de la vacance du pouvoir, Jacques Fame Ndongo a qualifié les affirmations en ce sens de « barbarisme juridique, voire politique ou logique ». Il a rappelé qu’aucune loi ou règlement ne fixe la durée d’absence du chef de l’État hors du pays. Selon lui, il serait inapproprié d’appliquer à Paul Biya une « disposition constitutionnelle inexistante », soulignant que toute telle affirmation relèverait d’une « imagination féconde et vagabonde des adeptes du droit des sables mouvants ».
Le ministre a également précisé que Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, est en activité, suivant les dossiers de ses collaborateurs par différents moyens, y compris électroniques.
En réponse, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), dirigé par l’opposant Maurice Kamto, a réagi rapidement. Son vice-président, Mamadou Mota, a interrogé : « À partir de combien de semaines d’absence physique l’exercice de la magistrature suprême devient-il une vue de l’esprit ? Quarante-cinq jours loin du territoire national, ce n’est pas un séjour, c’est un exil de fait. » Le MRC a également ironisé sur l’idée d’un Cameroun dirigé en « télétravail clandestin », en référence à la gestion des affaires par Paul Biya à distance.
Cette situation soulève des interrogations sur la gouvernance du pays et la continuité des affaires de l’État.
Source : RFI
