La guerre a détruit notre région : Am Dafock en souffrance
La situation humanitaire demeure préoccupante à Am Dafock, dans le nord-est de la Centrafrique, à la frontière avec le Soudan. Près de trois semaines après l’attaque des rebelles de l’Alliance du sursaut patriotique (ASP), les Forces armées centrafricaines (Faca) et leurs alliés contrôlent toujours la ville. Cependant, les combats ont laissé de profondes cicatrices.
À Am Dafock, le paysage est marqué par la désolation. Les habitations, édifices publics et commerces sont détruits, tandis que les rues sont désertes, témoignant de la violence des affrontements du 30 juin dernier. Plus de 16 000 habitants sont toujours réfugiés autour de la base de la Mission de l’ONU en RCA (Minusca), et environ 2 000 autres ont fui vers Birao, chef-lieu de la préfecture de Vakaga.
Malgré la cessation des hostilités, le retour à une vie normale reste un défi. Thierry Evariste Binguinendji, gouverneur de la région du Fertit, a constaté les dégâts lors d’une visite : « Aucun bâtiment administratif n’est resté. Les écoles, le marché, la gendarmerie, la police et même le bureau du sous-préfet, récemment construit par la Minusca, ont été saccagés. »
Les besoins humanitaires sont immenses, malgré la distribution de moustiquaires et de tentes. « J’ai vu des enfants malades couchés à même le sol. Il n’y a pas d’eau pour vivre et pour la santé », a souligné Binguinendji. Bouba Kaïda, un habitant ayant perdu sa femme et sa maison, exprime son désespoir : « Dans la Vakaga, nous avons trop souffert. La guerre a détruit notre région. Nous ne voulons plus de crise. »
Le gouverneur ras néanmoins la population : « Le gouvernement ne les oublie pas. Nous sommes en train de nous battre pour que tout rentre dans l’ordre. » Les effectifs des Faca continuent d’être renforcés pour asr la sécurité de la préfecture.
Source : RFI
