Hollywood ouvre la porte à l'IA mais dit vouloir conserver son ADN – franceinfo

Hollywood ouvre la porte à l’IA tout en préservant son ADN créatif

Initialement réticente, l’industrie cinématographique de Hollywood multiplie les partenariats avec des start-up d’intelligence artificielle (IA) et adopte de plus en plus cette technologie, tout en affirmant vouloir maintenir le processus créatif. Selon Mike Mosallam de Shadowbox Studios, il a fallu plusieurs années à l’industrie du cinéma et de la télévision pour « se faire une idée du concept ».

Face à l’essor de l’IA, Hollywood a d’abord pris une posture défensive, craignant pour sa propriété intellectuelle et le risque que les acteurs deviennent de simples « ressources » pour l’IA. Les premiers essais ont également mis en évidence les limites de la vidéo de synthèse, avec des résultats parfois peu convaincants.

Un tournant a eu lieu avec l’acquisition par Netflix, en mars dernier, d’InterPositive, une start-up de moins de vingt salariés, pour un montant de 587 millions de dollars. Fondée par Ben Affleck en 2022, cette plateforme IA vise à faciliter la production audiovisuelle. Depuis, d’autres studios, comme Lionsgate et Google, ont investi dans des entreprises liées à l’IA, témoignant d’une volonté croissante d’intégrer cette technologie dans leurs processus créatifs.

Des réalisateurs de renom, tels que Martin Scorsese, s’engagent également dans cette voie. Scorsese a rejoint Black Forest Labs pour utiliser l’IA dans ses storyboards, cherchant à améliorer la communication de ses idées avec son équipe.

Des exemples récents en publicité et en courts métrages montrent que la vidéo générée par IA a atteint un niveau de qualité suffisant pour devenir presque indiscernable. Jamie Umpherson de Runway souligne que le véritable changement vient de l’apprentissage des utilisateurs à mieux exploiter ces outils.

Cependant, les géants du streaming, comme Netflix, se concentrent principalement sur les aspects périphériques de la production, tout en préservant la relation essentielle entre acteurs, réalisateurs et caméras. Jon Erwin, un réalisateur indépendant, défend cette approche, affirmant que l’IA doit enrichir, sans remplacer, le processus créatif.

Un nouveau modèle de « cinéma hybride » émerge, permettant de filmer des acteurs sans fond vert et de les intégrer dans des environnements générés par IA, avec des résultats quasi-instantanés. Le long métrage Young Washington a déjà rapporté plus de 40 millions de dollars au box-office, démontrant ainsi le potentiel économique de cette approche.

Malgré ces évolutions, les grands studios historiques, comme Paramount et Disney, restent prudents face à cette révolution technologique. Tanya Porquez de Generated Group avertit que ces studios devront s’adapter, même s’ils ne le souhaitent pas, en raison des économies d’échelle que l’IA peut offrir.

Des cinéastes comme Steven Soderbergh utilisent déjà l’IA pour des raisons économiques, comme en témoigne son dernier film, John Lennon: The Last Interview, où l’IA a permis de reconstituer des éléments d’une interview avec des archives audio limitées.

Parallèlement, Cate Blanchett a lancé un registre pour protéger les droits des individus face à l’utilisation non autorisée de leur image par l’IA, soulignant les préoccupations persistantes concernant la propriété intellectuelle dans le secteur.

Source : Franceinfo

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