Onet-le-Château : Le projet de complexe de padel de Zinédine Zidane suscite des controverses
Onet-le-Château (Aveyron), reportage — Un champ de prairie, entouré de terres agricoles, pourrait bientôt accueillir un complexe de padel. Ce projet, porté par Zinédine Zidane et sa société d’investissement familiale, Z5 Onet-le-Château, prévoit la construction d’une structure de 2,5 hectares comprenant neuf terrains de padel, un terrain de minifoot, un restaurant de 136 m² et une terrasse de 337 m².
Le permis de construire a été validé le 29 septembre 2025 par le maire, Jean-Philippe Kéroslian, alors que la parcelle était encore classée en zone agricole, ce qui rendait toute construction non agricole interdite. Ce projet a suscité des inquiétudes, car il grignote des terres arables dans une région à forte vocation agricole.
Une astuce juridique
Pour contourner les restrictions, la mairie a autorisé, dès le 17 février 2025, un bail emphytéotique administratif avec la société de Zidane. Ce type de contrat est réservé aux opérations d’intérêt général, mais l’intérêt commercial pour la famille Zidane semble prédominer. Les équipements sportifs d’intérêt collectif sont généralement associés à des stades ou gymnases municipaux.
La mairie justifie cette décision par un besoin de diversification de l’offre sportive et par l’engouement pour les sports de raquettes. Cependant, des voix s’élèvent pour questionner l’intérêt public de cette structure.
Disparités dans les conditions d’installation
D’autres entrepreneurs locaux n’ont pas bénéficié des mêmes facilités. Pierre-Henri Noyer, qui souhaitait implanter une structure similaire, a été contraint de se conformer à des règles plus strictes. Son projet a été rejeté en raison de la proximité d’un concurrent et de la nécessité d’une zone dédiée aux loisirs, alors qu’un terrain en zone agricole a été proposé à Zidane.
Contestation et recours
Le collectif pour la préservation des terres agricoles du Rouergue a contesté le permis de construire au tribunal administratif de Toulouse, mettant en lumière les contradictions dans les décisions administratives. La présidente du collectif, Claudine Bonhomme, a exprimé son indignation face aux avis favorables émis par les autorités, soulignant l’absence d’intérêt public évident.
Le projet a également des implications financières notables : Zidane bénéficiera d’un loyer de 1 650 euros par an sur 99 ans, soit 137 euros par mois, un montant très inférieur à celui proposé pour des projets similaires dans d’autres communes.
Ce projet soulève des questions sur l’équilibre entre développement économique et préservation des terres agricoles, alors que le territoire cherche à concilier ces enjeux dans un contexte de pression sur les ressources foncières.
Source : Reporterre
