Il y a une accélération des fermetures de monastères : une étude inédite dresse un état des lieux pour la France
Va-t-on vers une extinction de la vie monastique en France ? Les annonces de fermeture de lieux emblématiques se multiplient ces dernières années. Parmi eux, la Grande-Trappe de Soligny (Orne), le carmel de Compiègne (installé à Jonquières, dans l’Oise) et Notre-Dame du Port du Salut (Mayenne) sont programmés pour fermer d’ici 2026. Ce phénomène n’est que la partie visible d’un vaste mouvement qui affecte tous les ordres monastiques contemplatifs, souvent fondés au Moyen Âge et relancés aux XIXe et XXe siècles.
Les ordres monastiques, qui se caractérisent par la présence d’une clôture séparant les moines et moniales du monde extérieur, sont également appelés ordres contemplatifs. Ils ne doivent pas être confondus avec les ordres apostoliques, qui ont pour vocation d’être présents « dans le monde » et qui, bien qu’également touchés, ne sont pas l’objet de cette étude.
La sociologue Isabelle Jonveaux a mené une recherche sur ce sujet, publiée dans une revue anglophone spécialisée en urbanisme portant sur la réutilisation des anciens lieux religieux. Elle présente en avant-première les résultats de son étude à La Vie.
Les fermetures de monastères constituent un phénomène massif, mais une étude chiffrée globale fait défaut. Selon Jonveaux, la vie religieuse catholique est complexe, rendant difficile la collecte de données statistiques. En dehors des annonces sporadiques dans la presse locale, il n’existait pas de recensement indépendant. Pour son étude, elle s’est basée sur un catalogue de la Fondation des monastères datant de 2007, en se concentrant sur les monastères contemporains.
Cette situation soulève des questions sur l’avenir de la vie monastique en France, un héritage culturel et spirituel qui pourrait être menacé par cette tendance croissante de fermetures.
Source : La Vie
