La chaleur persistante et le manque de vent ont fortement réchauffé la mer
Depuis plusieurs semaines, le bassin méditerranéen subit un ensoleillement intense et des températures de l’air exceptionnellement élevées. Ces conditions limitent les échanges de chaleur avec l’atmosphère et favorisent l’accumulation d’énergie dans les premières couches de l’océan. Au 21 juillet, la température moyenne de surface de la Méditerranée atteignait environ 28 °C, soit une anomalie de +2,6 °C par rapport aux normales. Lorsque les anomalies atteignent et dépassent +5°C, on parle alors de « canicule marine« .
Les secteurs les plus chauds se situent notamment autour de la Sicile, de la Sardaigne, de la mer Tyrrhénienne et des Baléares, avec localement des températures variant entre 29 et 30 °C. Les coups de mistral dans le golfe du Lion, la tramontane près du Roussillon et le meltem en mer Égée ont temporairement brassé les eaux de surface et fait remonter des eaux plus fraîches, limitant ainsi la hausse près des côtes françaises et grecques.
Des valeurs proches de 30 °C, exceptionnelles mais pas partout inédites
La Méditerranée atteint jusqu’à 30°C, valeur record pour cette époque de l’année © La Chaine Météo
Autour des Baléares, certaines bouées approchent de nouveau les 30 °C. Ces valeurs, bien que spectaculaires, ne constituent pas nécessairement des records absolus : la bouée de Dragonera avait déjà relevé ponctuellement près de 31 °C durant l’été 2025. En Corse, la mer avait également atteint 30,8 °C en août 2024, tandis que 29,4 °C avaient été mesurés à Villefranche-sur-Mer, un record local.
L’exception actuelle réside surtout dans l’étendue et la précocité de cette chaleur marine. Dès la fin juin, les anomalies atteignaient localement jusqu’à +8 °C autour de la Corse, de la Sardaigne et de l’Italie, tandis que la Méditerranée battait son record de température moyenne pour un mois de juin.
Cette mer surchauffée fragilise les écosystèmes et augmente l’évaporation. Bien qu’elle ne suffise pas automatiquement à provoquer des orages, elle peut fournir davantage d’humidité et d’énergie lors d’une dégradation automnale qui pourrait déstabiliser l’atmosphère. À ce sujet, une dégradation orageuse est surveillée sur nos côtes méditerranéennes françaises ce samedi, avec un potentiel de violence.
Source : La Chaine Météo.
