Faux Made in France : ces produits chinois se font passer pour français, comment les repérer ?
Une entreprise met en lumière les pratiques des marques pour révéler les produits maquillés en provenance de Chine.
Le phénomène du « francolavage » s’intensifie dans les rayons des supermarchés français. Entre mars et avril derniers, l’application Better Things, en collaboration avec la Fédération Indépendante du Made in France, a examiné huit enseignes de distribution, dont Carrefour, Leclerc et King Jouet. Cette enquête a révélé que 500 références de produits non alimentaires affichent des allusions au « Made in France » tout en étant fabriquées à l’étranger, avec 56 % d’entre elles provenant de Chine. Stéphane Devulder, fondateur de Better Things, souligne que cette pratique est particulièrement répandue chez Auchan et Carrefour.
Pour tromper le consommateur, des marques maquillent des jouets pour les faire passer pour français, ce qui leur permet de les vendre à un prix plus élevé. Stéphane Devulder propose plusieurs stratégies pour détecter ces pratiques trompeuses.
L’une des premières étapes consiste à identifier les mentions ambiguës telles que « Designé en France », « Conçu en France », ou « Marque française », souvent accompagnées de symboles nationaux comme le drapeau tricolore, présent dans 75 % des cas. Devulder recommande de se méfier de ces formulations. En revanche, les marques qui fabriquent réellement en France affichent clairement des mentions telles que « Fabriqué en France » ou « Produit en France », ou encore une certification comme « Origine France Garantie ».
Le fondateur de Better Things alerte également sur la « stratégie du coucou », qui consiste à mélanger quelques vrais produits « Made in France » avec une majorité d’articles importés dans un même rayon, rendant la détection plus difficile pour le consommateur. Pour contrer cette stratégie, il est conseillé de vérifier l’emballage, notamment le verso, où le pays d’origine est souvent mentionné en petits caractères, parfois sous des abréviations obscures comme « Made in PRC » (République populaire de Chine).
En matière de réglementation, Cela laisse une grande latitude aux marques pour afficher l’origine de manière volontaire.
Stéphane Devulder souhaite que le législateur impose des règles strictes concernant l’utilisation des symboles et marqueurs du « Made in France », en prenant exemple sur la loi suisse qui protège l’usage du terme « Suisse » et de la croix suisse.
Enfin, la question du francolavage est compliquée par le fait que de nombreuses marques françaises produisent aussi à l’étranger. Par exemple, la marque Petit Bateau fabrique 300 000 produits en France, mais 3 millions à l’étranger, ce qui complique la défense du Made in France.
Source : Better Things, Fédération Indépendante du Made in France.
