En manque de piscines, la Seine-Saint-Denis ouvre ses rivières

Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), reportage

Cet article est publié en partenariat avec le Bondy Blog, un média en ligne, né en 2005, visant à « donner la parole aux habitants des banlieues urbaines ».


La Seine-Saint-Denis, département français le moins doté en piscines, innove en ouvrant des espaces de baignade sur la Marne. À Neuilly-sur-Marne, un nouveau site de baignade a été aménagé, permettant aux habitants de se rafraîchir dans la rivière qui porte le nom de leur ville. Les bassins, d’une profondeur variant de 40 cm à 1,8 mètre, peuvent accueillir jusqu’à 200 personnes.

Issiaka, un habitant du quartier, témoigne : « On avait des a priori, on pensait que c’était sale », avant de plonger dans l’eau. Pour 2 euros pour les résidents et 4,90 euros pour les non-résidents, il a réservé un créneau de deux heures avec ses enfants. En ce début d’après-midi, avec un thermomètre affichant 34 °C, les abords de la Rive de Neuilly sont pris d’assaut par les familles.

« L’été, on est nombreux à rester enfermés entre quatre murs »

La ville possède une piscine municipale, mais celle-ci est jugée insuffisante par ses 40 000 habitants. Lucyna, une retraitée de 70 ans, se réjouit de ce nouvel aménagement : « L’été, on n’a pas tous la chance de partir deux mois. Ça manquait beaucoup ».

« Ça nous fait oublier la canicule »

Le 4 juillet, jour d’ouverture, la piscine a atteint sa capacité maximale. Émilie Baron-Taillefer, responsable de la zone de baignade, se dit satisfaite de l’affluence, qui frôle régulièrement les 150 baigneurs par créneau. Cependant, un défi persiste : convaincre les habitants de la qualité de l’eau. « Oui, c’est l’eau de la Marne. Non, elle n’est pas filtrée, mais elle est contrôlée », ras la maître-nageuse.

Cette initiative fait suite à des investissements récents, avec 117 millions d’euros alloués par le département depuis 2018 pour dépolluer la Marne. Bien que la Rive de Neuilly soit un pas en avant, les inégalités d’accès aux infrastructures de loisirs demeurent dans ce département.

La question de la durabilité de ces installations se pose, surtout lorsque certaines piscines doivent fermer pour des événements sportifs, comme le centre aquatique olympique de Saint-Denis, temporairement inaccessible au public.

En période de canicule, l’importance de développer des points d’eau dans les quartiers populaires se fait ressentir, car ces espaces de rafraîchissement répondent à un besoin crucial.


Source : Bondy Blog

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