Une crise au musée de la Résistance de Toulouse : huit agents sur treize ont quitté leur poste

En quelques mois, le musée de la Résistance et de la Déportation de Toulouse a connu une démission massive, avec huit des treize agents quittant l’établissement. Cette situation a suscité l’inquiétude des associations mémorielles, des syndicats et des anciens employés, qui dénoncent une détérioration significative du climat de travail. En réponse, la direction attribue ces départs à des procédures disciplinaires pour des « fautes graves ».

Le président de deux associations, qui souhaite rester anonyme, témoigne : « Il n’y a plus du tout les mêmes liens. On avait des repères, des gens de confiance, et du jour au lendemain tout le monde est parti. » Alain Verdier, petit-fils d’un résistant, ajoute : « Avant, il y avait une équipe très soudée. Puis tout a changé. On sentait bien que les salariés n’allaient pas bien. Cela a fini par créer un climat délétère. »

La psychologue Yvette Golberger, après avoir fait plusieurs dons au musée, a été choquée d’apprendre que presque toute l’équipe était en arrêt maladie. « C’est dramatique qu’un musée de la Résistance traverse une telle crise. Cela représente une perte immense, » déclare-t-elle.

En juillet, la CFDT a dénoncé une « chasse aux sorcières », distribuant des tracts devant le musée pour alerter sur la dégradation des conditions de travail. Hugues Bernard, représentant CFDT, souligne que « les agents étaient fatigués, découragés » et qu’ils ont été accusés de tricher sur leurs horaires ou de mal faire leur travail.

Le conseil départemental a déclaré prendre ces alertes au sérieux, affirmant maintenir un dialogue avec les associations et avoir renforcé les effectifs avec six recrutements.

Des témoignages recueillis par La Dépêche indiquent que le climat de travail s’est dégradé, surtout avec l’arrivée d’une nouvelle directrice en mars 2025. Une historienne, qui souhaite garder l’anonymat, décrit un management devenu toxique, avec des vexations et une perte de confiance. Elle se dit victime de harcèlement moral.

La direction du musée a reconnu des « dysfonctionnements » et a engagé des procédures disciplinaires contre six agents pour des manquements graves aux obligations professionnelles. Les deux autres agents ayant quitté le musée l’ont fait par démission ou rupture conventionnelle.

Le conseil départemental insiste sur le fait que le musée continue ses missions, avec des projets d’avenir tels que de nouvelles expositions et l’obtention du label « Musée de France ».

Source : La Dépêche

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