Sahel : l’ONG Acled analyse la concurrence des groupes armés et des forces régulières pour l’exploitation minière
Le rapport intitulé « Extraction sous le feu : comment l’exploitation minière redéfinit les conflits au Sahel central », publié ce mercredi 23 juillet par l’ONG Acled, met en lumière la lutte pour le contrôle des ressources minières dans la région. Les groupes armés jihadistes, principalement le Jnim lié à al-Qaïda et l’État islamique au Sahel, s’affrontent avec des groupes indépendantistes comme le FLA au nord du Mali, ainsi que des milices pro-gouvernementales telles que les VDP au Burkina Faso. Les armées régulières du Burkina, du Mali et, dans une moindre me, du Niger, soutenues par les partenaires russes de l’Africa Corps, sont également impliquées dans cette lutte.
Acled a étudié les violences liées à 44 mines, tant industrielles qu’artisanales. Le rapport se concentre sur plusieurs sites clés : Inata, Boungou, Solhan et le corridor de la route nationale N3 au Burkina Faso ; Talhandak, Tinzaouatène et Intahaka au Mali ; et les mines de Samira, Komabangou et M’Banga au Niger. Il souligne que près de 90 % des conflits liés à l’exploitation minière se déroulent en dehors des concessions, dans un rayon d’une dizaine de kilomètres, affectant les routes et les villes voisines.
Les enjeux économiques sont cruciaux, car les minerais, principalement l’or, représentent des financements directs et s’inscrivent dans une guerre économique. Le Jnim, par exemple, organise des blocus, prélève des taxes et kidnappe du personnel étranger, perturbant ainsi l’activité économique et sapant l’autorité de l’État.
Les mines deviennent également des opportunités opérationnelles pour les groupes armés, qui peuvent transformer des sites miniers artisanaux en bases semi-permanentes. Cela leur permet de se fondre parmi les mineurs, de stocker des armes et d’exécuter des opérations avec un risque de détection réduit.
Les États sahéliens, en réponse à cette situation, adoptent des mes législatives pour mieux contrôler les activités minières, notamment en nationalisant des sites ou en renégociant des contrats. Ces réformes se déroulent dans un contexte d’insécurité persistante, rendant l’environnement opérationnel de plus en plus complexe pour les entreprises minières, soumises à la pression des groupes armés et des gouvernements.
Acled prévoit que ces dynamiques pourraient s’étendre au-delà du Sahel central, touchant potentiellement les pays côtiers où le Jnim renforce sa présence.
Source : ONG Acled
