Le match de l’été de L’Indépendant : rousquille ou touron catalan ?

Le match de l’été de L’Indépendant : rousquille ou touron catalan ?

Le duel du jour de L’Indépendant oppose deux poids lourds de la gourmandise catalane. D’un côté, la rousquille et son glaçage immaculé. De l’autre, le touron et ses amandes généreuses. Au-delà de chaque bouchée, deux traditions bien différentes, mais tout aussi enracinées dans l’histoire du pays catalan.

Le match commence souvent à la fin d’un repas, à l’heure du café, ou même au goûter pour les plus raisonnables. La rousquille règne sur les vitrines des boulangeries du Vallespir, tandis que le touron occupe une place à part dans les confiseries catalanes.

La rousquille, une gourmandise sans prétention

Pas besoin d’attendre le dessert pour vanter les mérites du biscuit emblématique des Pyrénées-Orientales. Dotée d’une texture tendre et d’un épais glaçage blanc parfumé au citron ou à l’anis, cette spécialité au trou central n’a rien d’un manque de pâte du pâtissier. Autrefois, les vendeurs ambulants enfilaient les rousquilles sur de longues baguettes pour les transporter plus facilement.

Depuis la création de la légende locale au XIXe siècle à Amélie-les-Bains par le pâtissier Robert Seguela, la rousquille a aussi ses détracteurs. Certains lui reprochent son glaçage trop généreux, parfois capable de semer quelques flocons de sucre sur les vêtements à la moindre distraction.

Les irréductibles du touron catalan

Cousin catalan du nougat, le touron associe miel, sucre, blancs d’œufs et surtout une généreuse quantité d’amandes, parfois jusqu’à 60 % de la recette. Longtemps, cette confiserie fut réservée aux fêtes de Noël et aux grandes occasions, le sucre étant un comestible rare et coûteux.

Naturellement, le touron n’est pas affranchi d’imperfections. Son principal adversaire n’est ni la rousquille, ni même vraiment le régime alimentaire, mais les dents. Car comme le disent les Catalans, il a parfois tendance à « péguer » (traduire par coller).

Ces deux douceurs racontent finalement deux façons de savourer la tradition catalane : la simplicité d’une rousquille dégustée au café, et la générosité d’un morceau de touron partagé lors des grandes occasions. Différentes dans leur forme comme dans leur texture, elles racontent pourtant à elles deux l’histoire d’une Catalogne où les traditions se transmettent autant par les recettes que par les souvenirs.

Source : L’Indépendant

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