Sumba : Un héritage d’esclavage persistant
En Indonésie, sur l’île de Sumba, un système de caste profondément ancré continue d’exister, où l’esclavage, bien qu’officiellement aboli depuis 1860, demeure une réalité pour de nombreuses personnes. Les habitants, vêtus de T-shirts et de sarongs, vivent dans des conditions similaires, partageant des maisons simples et une vie rythmée par des pratiques ancestrales.
Umbu Ana Rara, un propriétaire terrien, décrit son esclave, Kanisius Kanyali Hambarita, comme un membre de sa famille, lui permettant de travailler comme moto-taxi et de cultiver un petit lopin de terre. Malgré cette apparente bienveillance, Kanisius exprime une acceptation de son statut, le considérant comme un symbole d’une tradition héritée.
Historiquement, l’esclavage à Sumba remonte au XVIe siècle. La société y est divisée en trois castes : les nobles (maramba), les gens ordinaires (kabihu) et les esclaves/serviteurs (atas). Selon Martha Hebi, chercheuse sur le sujet, un ata ne peut perdre son statut, même par le mariage, sauf s’il est libéré par son maître.
La vie des marambas, qui possèdent terre et bétail, contraste avec celle des atas, qui travaillent dur du matin au soir, cultivant des champs avec des charrues tirées par des buffles et s’occupant des tâches ménagères. Le nombre d’atas est difficile à établir, mais une travailleuse sociale estime qu’il y en a environ 1.700 dans le district de Sumba Est, qui compte 350.000 habitants. D’autres estiment ce chiffre à plusieurs milliers.
Cette situation soulève des questions sur la pérennité d’un système qui, malgré son abolition légale, continue de structurer la vie sociale et économique de l’île.
Source : Article initial sur l’esclavage à Sumba.
