Pour la première fois, des chercheurs détectent une atmosphère sur une exoplanète rocheuse

Une exoplanète rocheuse habitable garde son atmosphère contre toute attente

Une exoplanète rocheuse, LHS 1140 b, vient de fournir un indice tant attendu par les astronomes depuis trente ans : son atmosphère a résisté à une étoile connue pour dépouiller ses planètes de leur enveloppe gazeuse. Selon une étude publiée le 16 juillet 2026 dans la revue Science, une équipe de l’université Harvard a détecté directement de l’hélium autour de cette exoplanète, située à 48 années-lumière de la Terre, dans la zone habitable de son étoile.

Collin Cherubim, jeune docteur de Harvard, a dirigé ces recherches. Il avait prédit ce résultat pendant sa thèse, en développant un modèle d’évolution planétaire. L’équipe a utilisé le spectrographe WINERED, installé à l’observatoire Magellan au Chili, habituellement destiné à l’observation des planètes géantes. En une seule nuit, deux planètes ont été observées, mais seule LHS 1140 b a montré une signature claire d’hélium.

Repérée en 2017 par une équipe dirigée par Jason Dittmann, la planète a mis dix ans à révéler son atmosphère. Sa composition reste partiellement inconnue, d’autres gaz pouvant être présents. Une partie de cette atmosphère aurait même pu se dissiper par le passé.

Les étoiles de type naine rouge, comme celle de LHS 1140 b, sont réputées pour leur activité intense, qui peut dépouiller les planètes de leur atmosphère. Cette étoile, âgée de près de six milliards d’années, a dépassé sa période la plus violente, permettant à l’atmosphère de survivre à des milliards d’années de bombardement. De l’hélium s’échappe lentement, mais cela ne semblerait pas menacer l’intégrité de l’enveloppe gazeuse.

Cette découverte relance la quête des mondes potentiellement habitables. Plus de 6 000 exoplanètes sont actuellement cataloguées, mais aucune autre planète rocheuse n’avait montré d’atmosphère jusqu’à présent. Les chercheurs estiment que LHS 1140 b pourrait contenir une quantité significative d’eau, essentielle pour maintenir un effet de serre permettant l’existence d’eau liquide à sa surface. Cependant, aucune donnée ne confirme encore la présence d’eau.

Collin Cherubim souligne qu’il est prématuré de conclure que cette exoplanète abrite la vie. De futures observations permettront de préciser la composition de son atmosphère et de déterminer si de l’eau liquide pourrait exister sous les nuages d’hélium.

Source : Science

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