En Allemagne, l’intelligence artificielle facilite les abus sexuels en ligne sur les mineurs

L’Intelligence Artificielle et les Abus Sexuels en Ligne sur Mineurs en Allemagne

La police criminelle allemande a publié un rapport alarmant sur l’impact croissant du numérique et de l’intelligence artificielle (IA) dans les abus sexuels envers les mineurs. Ce rapport, révélé mardi, souligne que ce type de délinquance se déplace de plus en plus vers l’espace numérique, ce qui entraîne une augmentation des statistiques, avec plus de 20 000 victimes attendues en 2025, soit une hausse de près de 5 % par rapport à 2024. Holger Münch, chef de la police criminelle fédérale (BKA), a qualifié ce nombre d’infractions d’« effroyablement élevé », tout en notant qu’il n’inclut pas une importante part de criminalité cachée, comme l’a reconnu le ministre de l’Intérieur, Alexander Dobrindt.

Les abus sexuels sur mineurs sans contact physique ont augmenté de 16,5 % par rapport à 2024, avec deux phénomènes inquiétants : le cybergrooming et le livestreaming. Le cybergrooming consiste pour un adulte à gagner la confiance d’un enfant dans le but de l’abuser, tandis que le livestreaming concerne la diffusion en direct d’abus, souvent commis à l’étranger. Kerstin Claus, déléguée à la lutte contre la maltraitance sexuelle des enfants, a indiqué que les applications utilisant l’IA facilitaient le cybergrooming en permettant la création de fausses identités et en simulant des relations d’amitié.

Concernant le livestreaming, les signalements ont explosé, passant de 25 à plus de 250 en l’espace d’un an. Les Philippines sont citées comme un point central de ce phénomène. Environ 40 % des auteurs d’abus en ligne se rendent également sur place pour commettre des abus physiques.

L’IA permet également la création de contenus pédopornographiques à partir d’images anodines et le recyclage d’anciens fichiers pour commettre de nouveaux actes illégaux. Holger Münch a précisé que cette évolution numérique ne semblait pas influencer le nombre de cas d’abus physiques concrets, mais elle représentait un nouveau défi pour la police, qui doit faire la distinction entre le réel et le virtuel.

Le parlement allemand devrait adopter, à l’automne, un projet de loi obligeant les fournisseurs d’accès à Internet à conserver les adresses IP pendant trois mois afin de mieux lutter contre toutes les formes de cyberdélinquance.

Source : Rapport de la police criminelle allemande (BKA).

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *