Face au réchauffement climatique, les producteurs de prunes misent sur les cultures tropicales
Après plusieurs épisodes de forte chaleur, les producteurs de prunes du Lot-et-Garonne voient leur récolte gravement menacée. Face aux conditions climatiques extrêmes, certains d’entre eux se tournent vers des cultures plus adaptées, comme les agrumes et même les bananes, dans l’espoir de sauver leur exploitation.
Une parcelle entière de prunes de 10 hectares a été totalement perdue, conséquence de trois épisodes de chaleur record. Vanessa Guijarro-Avrand, de la Ferme du pruneau à Lafitte-sur-Lot, explique : « C’est la deuxième canicule du mois de juin avec le fameux effet sèche-cheveux. Il a fait trop chaud et ça a littéralement grillé les feuilles. La récolte aurait pu être très belle cette année. La floraison était magnifique. » Malheureusement, les années précédentes n’ont pas été plus clémentes, avec des récoltes anéanties par la grêle et le gel.
Pour s’adapter, l’exploitation se tourne vers de nouvelles cultures, notamment les citrons, mandarines et, de manière inattendue, les bananes. Fabrice Guijarro, également de la Ferme du pruneau, souligne : « Nous pensons que c’est l’avenir. De toute façon, aujourd’hui, de partir sur des choses un peu plus tropicales, on doit nous considérer comme des fous, oui, je pense. Mais bon, c’est toujours les fous qui font avancer le système. »
Les producteurs espèrent récolter leurs premières bananes d’ici deux ans, un investissement risqué pour sauver leur exploitation. Toutefois, la question se pose : trouvera-t-on encore des prunes sur les étals demain ? D’autres pruniculteurs anticipent déjà des pertes de 30 à 50 % dues à la chaleur, ce qui représente une déception pour les consommateurs, comme le souligne une habituée : « C’est très dommage parce que les pruneaux, c’est très important pour moi. »
Cette situation suscite des inquiétudes dans un département qui produit 76 % des célèbres pruneaux d’Agen.
Source : Franceinfo
