L’Institut de recherche pour le développement sur la sellette
L’Institut de recherche pour le développement (IRD) pourrait disparaître dans les mois à venir. Ce centre de recherche, unique en son genre en France, se consacre à des enjeux globaux tels que la gestion des catastrophes naturelles et l’adaptation au changement climatique. Il collabore avec plus de 50 pays d’Afrique, d’Amérique latine, d’Asie et du Pacifique, ainsi que dans les territoires d’outre-mer.
La rumeur de cette disparition circulait depuis plusieurs jours parmi les 2 300 scientifiques et agents de l’institut, et a été confirmée début juillet par la direction. « Des discussions sont engagées dans le cadre du programme État efficace pour un rapprochement de l’IRD avec le CNRS », a déclaré la direction de l’IRD. Cela signifie que l’institut pourrait être absorbé par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS).
Les modalités de ce rapprochement restent floues. Les équipes de l’IRD pourraient être intégrées au sein des instituts existants du CNRS ou un nouvel institut pourrait être créé. Les conséquences sur le budget, l’autonomie et les savoir-faire spécifiques de l’IRD demeurent incertaines.
Un contexte politique préoccupant
Un document de communication interne à l’IRD, consulté par Reporterre, indique que le gouvernement envisage d’intégrer l’IRD comme un 11ème institut du CNRS, avec une fusion prévue pour le 1er janvier 2027. Cette initiative intervient alors que le CNRS prévoit de réduire le nombre de ses instituts de 10 à 7, ce qui soulève des inquiétudes quant à la réaffectation des équipes de l’IRD.
Le programme État efficace, lancé en septembre 2025 par le Premier ministre Sébastien Lecornu, vise à regrouper, fusionner et potentiellement supprimer des structures en double emploi. Cette politique s’inscrit dans une volonté de coupes budgétaires dans les services publics, déjà visible avec la menace pesant sur plusieurs agences environnementales.
Conséquences potentielles
Si l’absorption de l’IRD par le CNRS se concrétise, cela pourrait entraîner une dilution de ses spécificités et de ses réseaux. Les chercheurs de l’IRD soulignent que leur modèle de recherche, basé sur des collaborations de long terme, est unique et essentiel pour répondre aux enjeux globaux. Ils craignent que cette fusion nuise à la qualité et à l’efficacité de leurs travaux, qui sont déjà confrontés à un contexte de réduction des budgets.
Les inquiétudes sont partagées au-delà des frontières françaises. Des partenaires étrangers, notamment en Afrique, ont exprimé leur préoccupation quant à l’impact négatif que pourrait avoir la disparition de l’IRD sur les relations scientifiques et diplomatiques.
Conclusion
La situation de l’IRD est préoccupante et soulève des questions fondamentales sur l’avenir de la recherche publique en France. La direction de l’IRD a plaidé pour la préservation de son identité et de ses méthodes, mais le gouvernement semble déterminé à poursuivre ses réformes.
Source : Reporterre
