« C’est un enfant malade, pas délinquant » : Alerte sur le manque de soins psychiatriques à Rennes

Le 4 mars 2026, un jeune de 13 ans, élève du collège La Binquenais à Rennes, s’est présenté à son établissement armé d’un couteau. Cet incident a mis en lumière les graves carences dans la prise en charge des troubles psychiatriques chez les jeunes. Sa mère, Marie*, témoigne d’un système médical et social à bout de souffle, incapable de répondre aux besoins de son fils.

À cet âge, l’adolescent souffre de troubles du comportement et de difficultés émotionnelles, se trouvant en situation d’errance scolaire. La justice l’a jugé irresponsable sur le plan pénal, mais cela soulève des questions sur le soutien dont il aurait dû bénéficier.

Un acte désespéré

Alexis*, déscolarisé en novembre 2025, a été réinscrit en janvier 2026, mais continue de refuser de fréquenter l’école. Lors d’une tentative de sa mère pour l’y envoyer, il a déclaré : « Je vais faire un carnage », avant de prendre un couteau. Marie explique qu’elle a dû appeler la police et le SAMU, et son fils a été placé en garde à vue. La juge a alors retiré son droit de garde pendant 15 jours, confiant Alexis à son père, laissant Marie dans un état de culpabilité.

Un manque de moyens alarmant

Marie, qui cherche de l’aide depuis des années, dénonce un système en déroute : « Mon fils n’est pas un enfant délinquant, mais un enfant malade. » Elle souligne que les canaux d’aide traditionnels sont saturés, avec jusqu’à six mois d’attente pour un dossier à la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH). Les Centres Départementaux d’Action Sociale (CDAS) manquent également de ressources pour accompagner les familles.

Alerte ignorée

En un an, Marie a envoyé 200 mails pour demander de l’aide. Un pédopsychiatre a même alerté le CDAS en février 2026, mais aucune action n’a été prise. « Ça sentait le passage à l’acte à plein nez », souligne-t-elle. Actuellement, Alexis est hospitalisé au Centre hospitalier Guillaume Régnier et est en attente d’une place en Institut Thérapeutique Éducatif et Pédagogique (ITEP). Ses parents n’ont pas de solution de scolarisation pour septembre 2026.

Cette situation met en exergue un besoin urgent de réformes dans le secteur de la santé mentale et de l’éducation, afin de prévenir de futurs drames.

Les noms ont été modifiés pour garantir l’anonymat. Source : ici.fr

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