REPORTAGE.

« Qui sera le prochain enlevé ? » : au sud du Liban, des familles s’inquiètent de la disparition de leurs proches

Des Libanais sont arrêtés ou enlevés par l’armée israélienne, puis détenus sans que leurs proches aient de leurs nouvelles. Un symbole inquiétant de l’occupation du pays par l’État hébreu.

Le président libanais Joseph Aoun doit rencontrer Donald Trump le 21 juillet à la Maison Blanche. Il cherche des garanties sur l’accord négocié avec Israël, notamment concernant le retrait israélien des zones occupées au sud du Liban et le soutien à l’armée libanaise. Cependant, un dossier reste souvent en retrait : celui des Libanais enlevés ou arrêtés par l’armée israélienne, dont les familles ignorent le sort. Ces disparitions sont devenues l’un des symboles les plus préoccupants d’une occupation persistante.

Le village de Halta, situé sous la ligne jaune imposée par l’armée israélienne, est particulièrement touché. Les habitants, principalement des agriculteurs et des éleveurs, constatent une augmentation des disparitions. Nahawand raconte la perte de ses deux fils, Ahmad et Chawki, ainsi que de leur cousin Ali, enlevés alors qu’ils labouraient avec d’autres agriculteurs. Cela fait deux mois qu’elle n’a pas de nouvelles. Elle passe ses journées dans leur maison, espérant leur retour : « J’ai commencé à m’imaginer qu’ils avaient peut-être été blessés ou tués, mais il me faut des nouvelles, sinon je pourrais en mourir. »

À ses côtés, Loubna, une autre habitante de Halta, décrit l’angoisse qui règne dans la région. Elle souligne la présence constante des bruits d’aviation et de dynamitages, témoignant de l’occupation : « Si on regarde juste sur cette colline, on voit le drapeau israélien qu’ils ont planté. »

Selon les estimations, 36 Libanais sont portés disparus depuis le début du conflit, dont au moins un tiers sont des membres ou proches du Hezbollah. Loubna exprime ses craintes : « On craint tous les jours les incursions israéliennes. Qui sera le prochain enlevé ? »

Actuellement, l’armée israélienne refuse toute visite de la Croix-Rouge à ces prisonniers, en dépit des conventions de Genève. Leur sort reste incertain, tout comme la présence prolongée de l’armée israélienne au sud du Liban, qui constitue un levier de pression dans les négociations avec le pays.

Source : Franceinfo

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