Une équipe sherbrookoise en mission pour piéger le cancer du cerveau
Depuis 25 ans, le neurochirurgien et neuro-oncologue David Fortin s’efforce de prolonger la vie de ses patients atteints d’un cancer du cerveau. Une stratégie innovante, conçue il y a une quinzaine d’années par l’un de ses anciens étudiants, semble enfin donner des résultats prometteurs.
Une maladie complexe
Les tumeurs cérébrales, initialement localisées, se propagent progressivement dans les tissus du cerveau, causant des dommages étendus. Selon le Dr Fortin, « quand on enlève la tumeur, on laisse toujours des cellules derrière; la chirurgie n’est jamais curative. »
Un autre défi majeur est la barrière hématoencéphalique, qui empêche l’accès efficace de traitements comme la chimiothérapie. De plus, l’hétérogénéité tumorale rend difficile la ciblage des cellules cancéreuses.
Face à ces obstacles, l’équipe du Dr Fortin a développé GlioTrap, une solution récemment brevetée.
Placer un piège dans le cerveau
Lors de l’intervention chirurgicale, le Dr Fortin retire la tumeur, laissant une cavité dans le cerveau qui accueillera le traitement. Ce dernier consiste en un gel dégénérant contenant trois substances : un agent chimiothérapeutique, un radio-isotope pour des radiations à courte distance, et une molécule agissant comme un aimant pour attirer et détruire les cellules cancéreuses.
Des résultats encourageants
Les résultats préliminaires du GlioTrap sont prometteurs. Dans une phase préclinique sur des rats, la moitié des sujets traités ont été guéris, tandis que les autres ont vu leur survie prolongée. Aucun animal n’est mort prématurément.
Gabriel Charest, le chercheur à l’origine du projet, se dit satisfait de ces résultats et souligne l’importance d’attaquer la tumeur sur plusieurs fronts.
Vers une étude clinique
L’équipe prévoit de commencer une étude clinique dans deux ans. Cependant, le financement reste un défi, car le cancer du cerveau est considéré comme une maladie rare, touchant environ 1500 personnes par an.
Le Dr Fortin note que « tout ce qu’on fait ici en laboratoire devra être fait avec une ampleur suffisante pour permettre une implantation chez l’être humain. Ça va demander beaucoup de sous. »
Les chercheurs cherchent également des solutions pour surmonter les limitations liées à la composition du traitement, notamment le transport du radio-isotope.
L’équipe de recherche du Dr Fortin, déjà reconnue pour ses innovations, espère que GlioTrap pourra éventuellement améliorer le taux de survie des patients.
Source : Radio-Canada.
