Canicule : La pollution à l’ozone en période de fortes chaleurs
Un air chaud en provenance du Maroc a plongé la France dans une chaleur intense depuis une semaine. Météo France a placé 17 départements en vigilance orange canicule pour ce jeudi 28 mai, principalement sur le littoral atlantique, ainsi que Paris et trois départements de la petite couronne.
Les températures atteignant 33 °C à Paris ont engendré un épisode de pollution à l’ozone en Île-de-France. En réponse, des mes de restriction ont été mises en place, notamment une circulation différenciée jusqu’à samedi soir. Les limites de vitesse sont abaissées de 20 km/h et seuls les véhicules munis d’une vignette Crit’Air entre 0 et 2 sont autorisés à circuler à l’intérieur du périmètre délimité par l’A86.
Qu’est-ce que la pollution à l’ozone ?
La pollution à l’ozone se caractérise par une concentration excessive d’ozone dans l’air à basse altitude, ce qui est anormal. L’ozone est naturellement présent dans la stratosphère, où il nous protège des rayons ultraviolets. En revanche, à basse altitude (entre 0 et 10 kilomètres), il devient un polluant secondaire, résultant de réactions chimiques entre différents polluants présents dans l’air.
Sous l’effet d’un fort ensoleillement et de températures élevées, l’ozone se forme à partir de composés organiques volatils (COV), de méthane (CH₄) et de monoxyde de carbone (CO) en présence d’oxydes d’azote (NOₓ). Ces polluants proviennent principalement du trafic routier, des émissions industrielles, de l’agriculture, du chauffage et des solvants.
Le changement climatique et l’augmentation des vagues de chaleur favorisent ces épisodes de pollution, tandis que les efforts pour réduire les émissions de polluants commencent à montrer des résultats.
Quels sont les effets néfastes de la pollution à l’ozone ?
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) fixe le seuil d’ozone à ne pas dépasser à 100 microgrammes par mètre cube (µg/m³) sur une durée de 8 heures. La réglementation européenne établit ce seuil à 120 µg/m³, avec une limite de 25 jours par an pour préserver la santé humaine. Actuellement, des dépassements peuvent atteindre 180 µg/m³ en France.
L’ozone est un gaz corrosif qui peut provoquer des troubles cardiovasculaires et respiratoires. Il aggrave des conditions telles que l’asthme et peut entraîner des symptômes comme la toux, des rhinites et des irritations des yeux. Selon l’agence européenne de l’environnement, 70 000 décès étaient imputables à la pollution à l’ozone en 2022, des décès qui auraient pu être évités en respectant les valeurs de l’OMS.
En période de pic de pollution, il est recommandé aux personnes vulnérables (femmes enceintes, nourrissons, personnes souffrant de maladies cardiorespiratoires) de limiter leurs sorties. La pollution à l’ozone affecte également la végétation et réduit les rendements des cultures, exposant un tiers des terres agricoles et 62 % des surfaces boisées à des niveaux de pollution supérieurs aux seuils de protection des végétaux.
Des mes immédiates sont mises en place pour lutter contre la pollution à l’ozone. À partir de ce jeudi 28 août, la circulation dans l’hypercentre de l’Île-de-France sera réservée aux véhicules bénéficiant des vignettes Crit’Air 0, 1 et 2. Ces restrictions devraient durer jusqu’à samedi. La ville de Paris prolonge également la gratuité du stationnement résidentiel et abaisse la vitesse maximale autorisée de 20 km/h sur les routes principales.
Pour des solutions à long terme, des plans de réduction des polluants à l’origine de la formation de l’ozone sont en cours en France et en Europe, comprenant des réglementations sur les émissions des véhicules et l’interdiction de brûler des déchets verts.
Selon l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris), ces mes ont permis de diminuer l’intensité des pics d’ozone en France au cours des vingt dernières années, bien que les niveaux annuels moyens restent préoccupants et aient même augmenté entre 2000 et 2020.
Source : La Croix