Fournitures scolaires : les parents se tournent de plus en plus vers l’occasion
Pour certaines familles, la course aux fournitures scolaires qui a débuté mi-juin ne se fait pas cette année dans les allées des grandes surfaces. Stylos, classeurs, cartables, cahiers, feuilles, outils de géométrie… Les parents sont de plus en plus nombreux à faire leurs achats de rentrée en ligne ces dernières semaines, via des plateformes où des particuliers proposent des produits d’occasion, de seconde main, reconditionnés ou tout simplement neufs mais dont ils n’ont plus l’usage. Le tout à des prix souvent plus bas qu’en supermarchés.
Cette année, 29 % des parents déclarent acheter leurs fournitures scolaires sur des plateformes de seconde main comme Leboncoin, soit 11 points de plus qu’en 2025, selon une enquête menée début juin. Trois quarts des utilisateurs de ces plateformes affirment avoir dû faire des arbitrages financiers pour préparer la rentrée. Parmi eux, 30 % indiquent acheter des produits d’occasion, tandis que 46 % privilégient d’abord la réutilisation des fournitures déjà présentes à la maison.
Le marché des fournitures scolaires de seconde main connaît une dynamique croissante, alimentée d’abord par des contraintes économiques, avant d’être motivée par des considérations écologiques. Des pratiques telles que le don, l’échange et l’achat-revente, qui ont toujours existé, ont été renforcées par la digitalisation ces dernières années. Selon Hakim Baka, cofondateur de l’application de dons Geev, la période de mi-juin à mi-septembre voit une augmentation de 15 % à 20 % des offres et des demandes en fournitures scolaires par rapport à la moyenne annuelle.
Sur des plateformes comme Leboncoin, Geev, ou Vinted, le nombre d’annonces consacrées aux fournitures scolaires a explosé. Vinted a rapporté qu’au début de juillet, les ventes de sacs scolaires avaient augmenté de 458 % en deux semaines, tandis que celles des calculatrices avaient crû de 151 %.
Au-delà d’internet, des ressourceries et des boutiques Emmaüs se sont également positionnées sur ce marché, proposant des prix réduits pour alléger le budget de la rentrée. Certaines enseignes physiques, comme Bureau Vallée, participent également à cette tendance en rachetant et reconditionnant des calculatrices, tout en récupérant des cartables pour les remettre en vente ou les donner à des associations.
Cependant, l’achat d’occasion présente également des défis. Selon Maurane Naït Mazi, juriste et autrice, trouver toutes les fournitures d’une liste scolaire d’occasion au même endroit peut être compliqué, et cette charge mentale repose souvent sur les femmes. Malgré ces obstacles, la vérification des tiroirs et des cartables pour réutiliser des fournitures scolaires reste une solution pragmatique et économique.
Source : DNA