De l’électronique de puissance à l’OS industriel : la trajectoire de GYS ?

De l’électronique de puissance à l’OS industriel : la trajectoire de GYS

L’industrie se transforme sous l’influence de l’électronique de puissance, du logiciel et de l’interconnexion des systèmes. Cela entraîne une complexification des produits, des usines numériques et des cycles d’innovation prolongés. Bruno Bouygues, dirigeant de GYS, une entreprise familiale basée à Laval et opérant dans 130 pays, souligne cette mutation comme une transformation structurée qui redéfinit la taille critique, les compétences et le rôle de l’Europe dans le paysage industriel mondial.

GYS se spécialise dans quatre domaines : le matériel de soudage, les chargeurs de batterie, les machines de chauffe par induction et le matériel de réparation automobile. L’entreprise possède deux sites industriels en France et en Chine, ainsi que quatre filiales en Europe. Son expertise repose sur l’électronique de puissance.

Au fil des ans, GYS a évolué d’une production électromécanique simple à des systèmes intégrant des cartes électroniques et des semi-conducteurs. Cette transition a ouvert la voie à l’intégration de logiciels et de plateformes intelligentes dans les processus de production.

L’exemple de l’industrie automobile illustre cette complexité croissante. Alors qu’il y a vingt ans, les voitures contenaient trois ou quatre nuances d’acier, aujourd’hui, ce chiffre atteint 140, rendant nécessaire l’utilisation d’algorithmes pour identifier les matériaux.

La montée en complexité des produits requiert des compétences variées. GYS emploie près de 1 000 personnes, dont 200 docteurs et ingénieurs, avec une majorité dédiée à la recherche et développement. Cette R&D couvre plusieurs domaines, notamment la mécatronique, la robotique et l’électronique.

Bruno Bouygues note que l’industrie se distingue par des volumes de production faibles par rapport à d’autres secteurs. Alors que des volumes de centaines de millions de pièces par an sont courants dans le secteur bureautique, GYS produit entre 2 000 et 3 000 machines par jour, soit moins d’un demi-million par an. Cette situation entraîne une absence de standards et de solutions prêtes à l’emploi, poussant les entreprises à développer leurs propres systèmes et outils.

Concernant l’avenir de la robotique et des systèmes humanoïdes, Bouygues prévoit une maturité technologique dans 15 à 20 ans, tout en appelant à un projet européen pour soutenir des cycles d’innovation plus longs. Il souligne également la nécessité de consolider les marchés financiers en Europe pour soutenir des projets technologiques ambitieux.

Enfin, l’évolution technologique a modifié la taille de marché requise pour rentabiliser la R&D. GYS génère environ 150 millions d’euros de chiffre d’affaires, mais la complexité croissante des logiciels, qui est passée de 20 000 lignes de code à 1,5 million en cinq ans, nécessite des marchés de 300 à 400 millions de personnes pour être viables.

Bruno Bouygues conclut en évoquant la nécessité de développer des « plateformes industrielles » pour mieux servir les clients, avec l’ambition de construire une architecture commune pour l’industrie.

Source : GYS, Perspective.

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