Faire durer n’est pas rendre soutenable
Par Émile Hooge, Alexandre Monnin et Jérôme Tougne
La notion de robustesse, remise au centre du débat écologique par Olivier Hamant, met en lumière les limites de l’optimisation dans nos systèmes modernes. Alors que l’obsession de la performance et de l’efficacité à court terme a permis d’atteindre des niveaux de productivité remarquables, elle a également engendré une vulnérabilité accrue. Les systèmes actuels fonctionnent efficacement tant que les conditions demeurent constantes, mais ils se désagrègent rapidement lorsque ces conditions changent.
Hamant souligne que la durabilité d’un système vivant repose non pas sur l’optimisation de chaque fonction, mais sur sa capacité à conserver des marges, des réserves et des processus de réparation. Ce concept de robustesse remet en question la tendance à éliminer les éléments jugés superflus, tels que les stocks ou les lenteurs, qui peuvent en réalité renforcer la résilience des systèmes.
La fragilité contemporaine est souvent le résultat d’un excès d’optimisation, qui réduit les options disponibles pour faire face à des bouleversements futurs. En ce sens, la robustesse ne suffit pas à elle seule ; elle doit être accompagnée d’une réflexion sur ce qui mérite d’être prolongé dans nos sociétés.
En conclusion, il est crucial de distinguer entre faire durer pour éviter le changement et faire durer pour permettre le changement. Cette distinction est essentielle pour repenser nos systèmes en fonction de leur soutenabilité.
Source : AOC Media
