La loi Montagne : un risque de colonisation par les résidences secondaires
L’association Mountain Wilderness dénonce un « détricotage » de la protection des milieux montagnards suite à l’adoption de la proposition de loi « pour une montagne vivante et souveraine ». Votée en séance plénière à l’Assemblée nationale le 20 juillet, cette loi a été modifiée par une commission mixte paritaire avant d’être présentée au Sénat.
Francis Charpentier, vice-président de Mountain Wilderness France, exprime ses inquiétudes concernant un article spécifique relatif à l’urbanisme. Actuellement, la règle de « construction en continuité » impose de bâtir à proximité d’un bâti existant pour préserver les paysages et la biodiversité. La nouvelle loi assouplit cette règle, justifiée par une volonté de « simplification » et de développement de la montagne, un argument jugé infondé par Charpentier, qui rappelle que le développement immobilier est déjà significatif.
Un autre point de préoccupation est la possibilité de reconstruire des chalets d’alpage en ruine. La loi permettrait de restaurer ces structures, même si elles ne conservent que quelques pierres, ce qui pourrait entraîner une urbanisation non maîtrisée et nuire à l’environnement.
Cette proposition de loi vise également à assouplir les règles d’urbanisme près des grands lacs de montagne, augmentant ainsi le risque de constructions inappropriées dans des zones sensibles.
La tendance actuelle à transformer les montagnes en destinations touristiques à fort potentiel commercial, à l’image de Disneyland, pourrait avoir des conséquences négatives sur les paysages et la biodiversité, déjà fragilisés par le changement climatique. Les investissements dans les domaines skiables, dépassant un milliard d’euros au cours des deux dernières années, illustrent cette dynamique de développement.
La montagne, traditionnellement un espace de vie, pourrait se voir transformée en un parc d’attractions, ce qui soulève des questions sur l’avenir de son écosystème et l’accueil des nouveaux publics. Une vision alternative est nécessaire pour développer une économie diversifiée et durable, permettant à la population de s’établir durablement dans ces régions.
Source : Mountain Wilderness, Reporterre.
