TEMOIGNAGE.

Un an après la mort de Théo, sa famille lutte contre les addictions

Un an après le décès tragique de Théo, 28 ans, emporté par une overdose de cocaïne, sa famille surmonte sa douleur par l’action. À Belaye, ses proches ont fondé l’association « Allez viens Théo » pour briser les tabous et sensibiliser la jeunesse aux dangers des addictions.

Le 11 juin 2025, Théo Bony est décédé après dix ans de lutte contre son addiction. Son père, Xavier, se souvient de l’affluence à son enterrement : « Il y avait tellement de monde, certains m’ont dit qu’ils n’avaient jamais vu autant de personnes à l’église de Belaye. » Sa mère, Nicole, témoigne : « On va bien, il y a des hauts et des bas. »

La famille Bony tente de retrouver une vie normale. « Le matin, on remarque son absence, les silences dans la maison, et il y a des moments où on entend encore ses répliques, » explique Xavier. Quelques temps après le décès de Théo, ses proches ont décidé de protéger d’autres jeunes en créant l’association le 15 septembre.

Sensibilisation dans les écoles et auprès des consommateurs

Les membres de l’association, comprenant les parents, le frère, la sœur et l’ex-copine de Théo, s’emploient à sensibiliser les jeunes aux conduites addictives, notamment à travers des présentations dans des écoles et lors d’événements locaux. Ils abordent divers sujets, tels que l’alcool, les stupéfiants, le protoxyde d’azote, le tabac et les jeux d’argent.

Sur demande de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), ils ont également échangé avec des jeunes délinquants et prévoient d’intervenir prochainement en prison pour discuter avec des consommateurs et des trafiquants. « Notre but est de prévenir dès le plus jeune âge, car ce sont eux les publics cibles des dealers, » affirme Xavier. D’ici la fin de l’été, ils prévoient plus de trente interventions dans le Lot et les départements voisins.

Témoignages marquants

L’association permet également de partager l’histoire de Théo. « Quand Hugo, le benjamin de la fratrie, échange avec des personnes de son âge, ils se sentent plus concernés, » indique Xavier. Nicole ajoute : « Une jeune fille a pleuré lors d’une présentation ; huit jours avant, elle avait perdu son copain à cause d’une overdose de cocaïne. » La famille constate que les sujets d’addiction restent tabous, et certains jeunes n’osent pas en parler.

Nicole Bony conclut : « On est là, même si on ne vient pas nous voir, ça leur fait quand même une petite lumière. »

Pour plus d’informations, l’association sera présente lors de l’Ekiden de Cahors le 26 septembre avec un stand de prévention.

Source : La Dépêche

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